les membres du groupe et leur univers

« No Logo » / Naomi Klein

Il semble évident que la pensée de cet auteur, passée porte-parole de toute une génération anti-mondialisation, des valeurs que prône le groupe, a profondément intéressé et influencé nos 5 Oxoniens, en particulier après l’époque OK Computer :

« j’ai lu ’No Logo’ de Naomi Klein l’année dernière et ce livre m’a profondément affecté car il trouvait les mots justes pour décrire ce que je ressentais confusément depuis des années, des choses que je n’étais jusque-là pas capable d’exprimer. En plus, le livre est magnifiquement écrit, avec énormément d’humour et d’optimisme. D’ailleurs, je vais m’y replonger immédiatement. Car en plus d’être un grand écrivain, Naomi Klein est une personne fantastique. »
— Les Inrocks, juin 2001

Journaliste canadienne de Toronto, Naomi est souvent invitée à la télé pour commenter les questions sociales. Ancienne collaboratrice de rédaction au magazine Elm Street, ses articles ont parus dans Toronto Life, Ms et The Village Voice. Son livre « No Logo, la tyrannie des marques » propose une analyse de l’évolution de l’économie mondiale depuis une décennie en s’intéressant particulièrement à la politique des multinationales : stratégies de production, de management, de marketing des protagonistes de la globalisation… L’essai de cette éditorialiste du quotidien canadien « Globe and Mail », traduit en neuf langues, a été adopté par la plupart des militants anti-mondialisation. L’idée du livre est partie d’un constat : l’omniprésence des logos, vecteurs de l’image des multinationales, dans notre vie quotidienne, privée ou publique.

Selon Naomi Klein, ces logos ne sont qu’une face visible de l’attitude de ces firmes lancées dans la course folle à la mondialisation. Ces multinationales, championnes de la sous-traitance à outrance, ne produisent pratiquement plus rien et utilisent des entreprises dans lesquelles les conditions de travail sont indignes (cf. les ateliers indonésiens, philippins …). La priorité des multinationales est de promulguer ce nom, ce logo, devenu leur seul véritable fonds de commerce. Pour cela, elles n’hésitent pas à s’approprier l’espace public. Les marques ne seraient plus dans le « faire » mais dans l’« être ». Elles deviendraient elles-mêmes la culture, la jeunesse, l’éducation, le sport. Pour ne plus créer, mais tout récupérer. Pour ne plus être « un capitalisme d’objets », mais « un capitalisme d’images ».

En réponse à cette colonisation par le logo, Naomi Klein prône la démocratie locale comme base de la mondialisation, comme arbitre du commerce international.

« La force de notre mouvement, c’est sa diversité. Il n’appartient ni au syndicat, ni à la jeunesse ».

L’ouvrage No Logo est paru chez l’éditeur Actes Sud en France.

Dans une interview de 2002 pour Index Magazine, Naomi Klein se dit intéressée par la démarche du groupe :

MICHAEL : After the success of her book, instead of getting comfortable with being a celebrity, she (= Arundhati Roy ) got even more hardcore about her politics.

NAOMI : She’s an absolute hero of mine. Basically, I’m interested in how women use leadership differently. I’m interested in people who use a platform in a way that makes room for more people instead of just going, “I’m the chosen one, I will lead you to the promised land.” I’ve thought a lot about this since all the Radiohead stuff.

MICHAEL : You mean the band ?

NAOMI : Yeah. About eight months after No Logo came out, Radiohead released Kid A. In their interviews, a few of the band members casually mentioned that they had read No Logo while they were producing the album,and it had influenced the way they released it. They sort of de-branded themselves, playing their British tour in a big blue unmarked tent without any sponsorship. It became a big story, particularly in Britain because the press there hangs on Thom Yorke’s every word. So all of sudden, a constituency was reading the book that probably never would have otherwise. And I started getting hundreds of letters from teenage Radiohead fans all over the world, asking how they could get involved in globalization activism. The experience made me realize how contagious optimism is. It also showed me the power of leadership through storytelling, as opposed to evangelizing.

En décembre 2007, dans une interview pour Wired Magazine, Thom Yorke faisait toujours référence à No Logo, preuve supplémentaire, s’il en était besoin, de l’imprégnation que l’ouvrage a pu avoir sur lui.

Yorke : Yeah, yeah, yeah. I was just thinking while you were saying that : How does a record company get their hands on that ? It makes me think of the No Logo book where Naomi Klein describes how the Nike people would pay guys to get down with the kids on the street. I know for a fact that major record labels do the same thing. But no one has ever explained to me exactly how. I mean, do they lurk around in the discussion boards and post « Have you heard the… » ? Maybe they do. And then I was thinking about that Johnny Cash film, when Cash walks in and says, « I want to do a live record in a prison, » and his label thinks he’s bonkers. Yet at the same time, it was able to somehow understand what kids wanted and give it to him. Whereas now, I think there’s a lack of understanding. It’s not about who’s ripping off whom, and it’s not about legal injunctions, and it’s not about DRM and all that sort of stuff. It’s about whether the music affects you or not. And why would you worry about an artist or a company going after people copying their music if the music itself is not valued ?

Ed O’Brien, grand fan de l’auteur, citait également son ouvrage « The Shock Doctrine » dans ses choix de lecture en 2012 pour Rolling Stone :

Naomi Klein’s The Shock Doctrine

« And I just bought The Shock Doctrine. I knew it was out and I haven’t read one of those kinds of books for a very long time. I’m ready for it. » — Ed O’Brien

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