les membres du groupe et leur univers

Charles Mingus

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Ce monsieur a même un timbre américain a son effigie ! Cela suffit à résumer l’ampleur de son talent… et tout le bien que l’on peut penser de lui. Charles Mingus est mort en 1979 à l’âge de 57 ans, mais son influence sur de nombreux artistes modernes reste revendiquée et aussi importante que visible, et notamment par Thom Yorke.

Le 18 septembre 2000, invité à faire le DJ lors d’une émission radio sur France Inter, Thom a passé des disques des artistes qu’il aimait, et notamment Mingus.

On a souvent dit également que l’orchestre qui vient suppléer Radiohead sur ’The National Anthem’ faisait penser à celui de Mingus.

En fait, il semblerait que l’écoute des disques de Mingus, et surtout celui du Town Hall Concert aurait énormément contribué à sortir Thom de la torpeur créative qui l’embourbait après la sortie de ’OK Computer’ en 1997.

« It was the most formative record of the whole time that I was ’away’ (…) . I got absolutely obsessed with this record. Our sound guy went out and bought a load of Mingus and when I heard the Town Hall record, I started seeing things, it was really freaky. It’s not happened to me very often, but it was immediate. I couldn’t even see where I was, barely. It was fucking weird. »

Mingus passe son enfance à Los Angeles. Son éducation musicale est à la fois classique, puisqu’il étudie le violoncelle et le trombone pour en jouer dans l’orchestre classique de son école, mais également populaire, puisqu’il fréquente l’église, où l’on chante le Blues et le Gospel. Il se décide cependant pour le Jazz car il découvre Duke Ellington mais aussi parce qu’il quitte l’orchestre en raison du racisme de son chef. Il se tourne alors naturellement vers la contrebasse et joue à partir de 18 ans auprès de nombreux artistes renommés dans le monde du Jazz ’classique’ : Louis Armstrong, Kid Ory et Lionel Hampton. Au début des années 50, il joue avec Tatum, Getz, Parker, Powell, Gillespie et Roach. Puis il entre chez Duke Ellington, d’où il doit également démissionner après s’être battu sur scène avec le tromboniste Juan Tizol (ce dernier lui ayant fait une remarque raciste). Mingus semble alors avoir assez d’assurance et d’autonomie pour assumer le rôle de leader.

Il crée le Jazz Workshop, et favorise dans ces formations l’improvisation collective – pratique autrefois répandue dans le jazz de la Nouvelle-Orléans – annonçant l’avènement du Free-Jazz. Pithecanthropus Erectus et Blues & Roots sont deux exemples significatifs de cette période. Au début des années 60, on l’entend en compagnie d’Eric Dolphy, jouant une musique de plus en plus libre. Il publie en 1971 son autobiographie « Beneath the underdog ». « Au cours de sa pittoresque carrière de musicien, de compositeur et de chef d’orchestre, il s’est battu de toute sa conviction, de toute sa ténacité afin d’obtenir un partage plus juste pour les artistes noirs, et il n’a jamais cessé de condamner l’ignominieuse injustice qui permet aux Blancs de faire leurs choux gras des acquisitions de la musique noire tandis que tant des vrais créateurs de celle-ci meurent de faim. Et il a su mener ce combat sans sectarisme, puisque aussi bien il a fait appel dans ses orchestres à des musiciens blancs tels que Jimmy Knepper, Bill Evans et Bobby Jones. Mais on dirait qu’il a maintenant pactisé avec la macabre réalité, et qu’il a pris acte que sa résistance au changement se mesure, non en années, mais en générations. En trente ans de carrière, Mingus a apporté une contribution de premier plan à l’évolution du jazz. »

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