les membres du groupe et leur univers

Sparklehorse

 

Groupe Américain formé en 1995 , plus ou moins permanent, essentiellement soudé autour du chanteur torturé Mark Linkous, un multi-instrumentiste et chanteur originaire de Virginie, fan de campagne et de grands espaces sans ville…

Le premier album du groupe, Vivadixiesubmarinetransmissionplot connut déjà un succès d’estime assez confidentiel avec le titre « Someday I will treat you good »… La rencontre avec radiohead va donner un énorme coup de pouce à Sparklehorse

Le petit album sans prétention arrive fin 1995 aux oreilles de Radiohead. Thom nous en dit un peu plus dans cette interview radio pour XFM , le 28 octobre 1995.

Radiohead a découvert a écouté Vivadixiesubmarinetransmissionplot en Isräel (le groupe y était pour assurer les premières parties de R.E.M.). Un ami à deux, qui bossait chez leur maison de disque, leur a fait écouter Sparklehorse… C’est le côté lo-fi, et le songwriting de Linkous qui leur a plu apparemment ! :

Gary: « What were you listening to on your walkmans when you’re out on tour in America? Anything in particular?
Thom: « Well I was in a shop in L.A. and I heard the old ‘Daydream Nation’ album, Sonic Youth album and I hadn’t heard it in ages and I thought ‘My god!’. I was listening to that a lot cause I just freaked out about how good it was and I had forgotten and I didn’t really haven’t really anymore. And we’re listening to the Sparklehorse album, which is this bad plug, this band that we’re dragging over here to do the tour with us.

Gary: « Tell us about them.

Thom: « Well we found them when a friend of ours in Israel played us the tape and they’re completely unknown, they’re from New York and it’s one guy and it’s really lo-fi but apart from that it’s good. He’s a fantastic songwriter and they’re a brilliant band and no one has heard of them and they’re ace that’s why we brought them over.

Gary: « So people we be able to see them next Saturday at the Brixton Academy?

Thom: « Yeah, if they got tickets to get in.

(…)

Thom: « Anyway, there’s this great record…

Gary: « Tell us about this band again, what’s the story? Where did you hear about Sparklehorse?

Thom: « Well, we were driving around Israel on the R.E.M tour and a friend of ours played it to us who works for part of the record company. Normally we don’t have record company agencies to support bands and so on, but they signed and nobody heard of them, we hadn’t heard of them and we were just blown away. It’s a long album, long and rambling but it’s really got something about, the writing guy, Mark Linkous and he’s got talent.

Gary: « And have you guys actually seen them live as well?

Jonny: « Never.

Thom: « They literally just started.

Gary: « It’s the first time in Glasgow last Tuesday? First time you’d see them live.

Thom: « Yeah, absolutely.

— source inconnue

 

Colin, qui est fan, imagine déjà entendre le groupe en première partie, et de vendre des tee-shirt « Radiohead vous conseille d’acheter du Sparklehorse » :

 

Have you seen Sparklehorse yet? »

No. Dunno much about them. Their singer’s leg exploded, didn’t it? « He was very ill, » Colin confirms. « We love them. Radiohead love Sparklehorse. We’ve dragged them from America to come on tour with us because we love them so much. We want to manage them. Make their t-shirts – ‘Radiohead Say Buy Sparklehorse Records’. Oooooh no, » Colin stops himself. « You have to say the word ‘fuck’ in t-shirts now, don’t you? Radiohead Say Fucking Buy Sparklehorse Records.' »

— Colin Greenwood Article de Caitlin Moran pour le Whirlppo e-zine, fin 1995

 

 

Et le voeu de Colin va être exaucé. En 1996, on retrouve Sparklehorse en première partie de Radiohead.

 

Thom aussi aime bien le groupe :

Y’a-t-il quelques groupes avec lesquels tu partages des valeurs?

J.G. : Oui, je suis très ami avec les gens de Massive Attack par exemple, mais aussi avec beaucoup de DJs du label Mo’Wax ou les musiciens du groupe américain Sparklehorse, un groupe excellent. Bizarrement, ce sont tous des groupes qui utilisent peu ou pas de guitares! Mais même à Londres je ne fais partie de l’establishment guitaristique… je me sens proche de Portishead aussi.

— Thom Yorke / Rock Sound, mai 1996

 

Mark Linkous a accepté d’assurer les premières parties de Radiohead juste parce qu’il avait entendu « Creep » et qu’il aimait bien. Sinon, il ne connaissait pas vraiment les anglais. La rencontre va tout changer ! :

AL: How long have you been playing in Europe?

Mark: Since about 1996, when the first record came out, and Radiohead offered to tour with us. I had heard the song « Creep » and I thought that they were all right. That was the only song I had ever heard. After I toured with them, I thought they were one of the greatest pop bands.

— Blast, 2002

 

Ayant mélangé le valium qui lui était prescrit avec des antidépresseurs, Mark se retrouva en 1996 dans le coma et faillit mourir… Il en réchappa pourtant et se remit au travail… De nouvelles chansons sont créées pour un deuxième album, chansons que les membres de Radiohead entendent chaque soir.

A cette époque d’ailleurs, Radiohead s’inspirera librement de la chanson de leur première partie ’Sad and Beautiful World’ pour composer une ébauche de son ’no surprises’.

Mélange de musique aérienne, parfois tout en douceur appuyée, d’autres fois très énergique, le son de Sparklehorse est très délicat et posé, prenant son temps pour installer des mélodies et des ambiances souvent cachée, dans les détails.

Radiohead demande en 1997 à Sparklehorse de revenir assurer leurs premières parties. On était en pleine folie ’OK Computer’ et la tâche pouvait paraître ingrate, Marl l’accepta cependant.. et la tâche fut ingrate, car le public, trop impatient de voir les ’stars’ fut souvent très rude… ce qui n’empêcha pas Thom et sa bande de toujours renouveler sa confiance à la troupe de Mark.

En 1998, la route des deux groupes se séparent, mais chacun reste en contact avec l’autre. Thom et Mark s’associèrent, enfin plutôt Thom prêta une faible contribution à Mark (puisqu’il ajouta quelques petits bruits via un téléphone portable) pour une reprise de Wish You Were Here de Pink Floyd.

 

Mark à propos de Thom :

Ses paroles sont si belles et vraies… Je ne trouve pas les mots pour en parler. Mais elles font partie de la vie : quelque part c’est dérangeant. Et c’est très dur d’arriver à trouver de belles choses dans la laideur. Vous savez, je pense que beaucoup de monde trouve Thom laid. Oui, son oeil est assez bizarre, et sa tête peut sembler un peu écrasée. C’est étrange. Ce qu’on préfère chez l’homme, ce sont les yeux, parce que c’est à travers eux que l’on voit de quoi est faite la personne, et même dans le seul oeil que l’on voit de Thom, vous pouvez dire qu’il est beau.
— source inconnue

 
 

En 1998 sort ’Good Morning Spider’, l’album écrit pendant que Sparklehorse assurait les premières parties de Radiohead.

puis ’It’s a wonderful Life’ en 2001, titre ironique (Mark Linkous est de plus en plus torturé…), qui lui assure pourtant un vrai succès. Radiohead continue à afficher son amour pour Sparklehorse

Colin décrit la musique du groupe comme ceci  :
Les chansons du troisième album de Sparklehorse, It’s a wonderful life, ont été enregistrées juste après un accident qui a failli coûter la vie à leur leader, Mark Linkous, il y a trois ans à Londres. Sa convalescence a été longue et ces chansons intimes subliment cette douloureuse expérience en un disque lumineux et ambitieux, de loin le meilleur du groupe. le titre, emprunté à Frank Capra, est ici parfaitement justifié, tant Mark Linkous a su surpasser la rage, la douleur et la déchéance pour finalement triompher de l’adversité. les rythmes et mélodies demeurent, comme sur les deux premiers albums Vivadixiesubmarinetransmissionplot et Good morning spider, d’une incroyable douceur. Entre deux collaborations – on retrouve ici aussi bien PJ Harvey que Tom Waits -, Mark Linkous transforme des histoires quotidiennes en fables surréalistes tout en implorant de manière bouleversante le réconfort. La beauté de ce disque vient aussi d’un son ample et luxuriant, à des années-lumières de la lo-fi.
— Colin Greenwood Les Inrocks, juin 2001

 

Jonny déclara également dans le même magazine que le style de Mark était un de ceux que Radiohead tentait d’émuler en studio lors de l’enregistrement de KID A.

Es-tu intéressé par tes contemporains ?
J’écoute beaucoup Sparklehorse en ce moment. J’ai l’impression qu’ils sont honnêtes dans ce qu’ils font, dans la façon dont ils écrivent et enregistrent.
— Jonny Greenwood / Les Inrocks, juin 2001

 

 

Dans un article de Mojo de juin 2003, on peut même lire que Colin possède une curieuse compilation offerte par Mark Linkous :

The house itself is amazing – ’60s modernism set amid fertile forest aand lush greenery. In the main living area is a balcony which houses an upright piano and Greenwood’s record collection: Kraftwerk, Weather Report, various post-rock 7-inches and a compilation of indigenous British fishing songs given to him by Sparklehorse’s Mark Linkous.
— Colin Greenwood Mojo, juin 2003

 

En 2010, le 8 mars, Mark Linkous, toujours torturé, mettait fin à ses jours, et Colin n’a pas manqué de saluer le départ de celui qu’ils avaient toujours apprécié :

 

I was very sad to hear the news that Mark Linkous has died. He and his band toured with us in Europe, at the start of OK Computer, and they were great every night. His first two records were very important to me, and I carried his music from the tour into my life, and my friends’ lives too. He was softly spoken, with an Old South courtesy I hadn’t heard before : he introduced me to Daniel Johnston’s music, and the West Virginian writing of Pinckney Benedict. Mark wrote and played some beautiful music, and we’re lucky to have it. Rest in Peace.

pour plus de détails : http://www.sparklehorse.com et http://www.sparklehorse.org

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