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L’Athènes Sud Américaine

Les concerts s’enchainent, et on a failli passer à côté du dernier concert sud-américain de cette tournée 2018. Quatrième et ultime concert sous ces latitudes (altitudes même, car la ville culmine à plus de 2400 m d’altitude) à Bogota.

Rien de neuf à se mettre dans les cages à miel, et toujours une saveur « best of »; trois petits morceaux d’AMSP et un balayage en règle des 9 albums.

Un petit bilan somme toute assez sympathique, avec un plaisir et une cohésion de groupe flagrante, et cette première poignée de concert fait quand même tourner 40 morceaux (sans toutefois nouveautés/inédits/raretés)

Ils en ont encore dans le sac, et nul doute que ce petit break de 2 mois leur sera bénéfique.

A peine un mois par contre pour Thom Yorke,  qui débutera une tournée solo en Italie fin mai.  Nous livrera-t-il  enfin le dénouement de ses tweet abscons ?

https://www.youtube.com/watch?v=XPcPx2amvsA
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17 Comments

  1. 1 mai 2018 at 15 h 44 min —

    Bonjour à tous,
    Ma question n’est sans doute pas pertinente pendant une tournée best of. Mais quelqu’un a-t-il une idée (ou une théorie) sur la disparition totale de Decks Dark de leurs setlists depuis un bon bout de temps maintenant ?
    Est-ce parce qu’il ne sont pas satisfaits de la manière dont ils font les choeurs en live ? N’aiment-ils plus ce titre ?
    Un avis ?
    Parce que, pour moi, dès que j’entends les premières secondes de Decks Dark, je suis totalement transporté. Sniff !

  2. 1 mai 2018 at 16 h 20 min —

    Bonne question. Personnellement, j’ai une théorie qui me travaille depuis longtemps par rapport à « Decks Dark ». On a beaucoup vue ce morceau comme un récit d’invasion extra terrestre hostiles alors que je me demande si il ne s’agit pas en fait d’une chanson sur la maladie grave, et la sentence qui accompagne son annonce.

    Rien que le début :

    « And then in your life, there comes a darkness
    There’s a spacecraft blocking out the sky »

    (tout à coup, c’est le coup de tonnerre, l’annonce qui empêche soudainement toute projection dans l’avenir, qui « assombrit (darkness) et bloque tout futur (« blocking out the sky »)

    « you cover your hear but it’s the loudest sound you’ve ever heard » (pareil, j’entend la tentative de déni courante face à ce genre d’annonce de maladie, parce l’annonce est si brutale (« the loudest sound you’ve ever heard »).

    Puis plus loin :

    « your face in the glass, it was just a laugh, just a laugh, it’s whatever you say it is »

    Je ne peux pas m’empêcher aux effets secondaires d’une chimiothérapie en fait. Vu du point de vue du partenaire du malade. Les cheveux qui tombent, on tente d’en rire, si ça peut faire du bien au malade, pour dédramatiser (« it’s whatever you say it is »). Et puis il y a enfin cette fin de couplet, ce « into our darkest hour » qui devient « into your darkest hour »…

    Attention hein ce n’est qu’une interprétation subjective ! Il y a quelques années sur ce site on avait pas mal de discussion sur le sens des paroles de Radiohead, et on s’était vite aperçu qu’il y avait presque autant d’interprétation que d’auditeurs. C’est là tout le génie de l’écriture de Thom Yorke, qu’on trop souvent qualifiée de cryptique, alors qu’il faut un sacré don pour arriver à projeter et évoquer autant tout en gardant ces possibilités d’interprétations multiples.

    Donc pour répondre à ton message Smoggy, je pense que si ils ne jouent plus Decks Dark, c’est un peu pour la même raison qu’on entend très peu True Love Waits sur les tournées AMSP. C’est peut-être trop douloureux, trop intime. Il me semble d’ailleurs que cette chanson a disparu des playlist après la mort de Rachel Owen.

  3. valerie
    1 mai 2018 at 18 h 07 min —

    Pour moi cette chanson a toujours en effet évoqué la maladie et la mort…celle de Rachel ou celle du père de Nigel décédé également pendant l’enregistrement de l’album… »the loudest sound » me rappelant plutôt la stridence du moniteur quand tout est fini. Thom a eu l’air bouleversé en la chantant et on comprend que dans une tournée « greatest hits » il ne souhaite plutôt pas la chanter. En même temps, il n’a pas chanté « Let down » pendant des lustres sans qu’on sache pourquoi…et je pense que c’est l’insistance de nombreux fans qui leur a fait comprendre qu’on attendait son retour.
    C’est devenu dès la première écoute l’une de mes chansons préférées de RH, et celle que j’ai le plus passée en boucle de l’album. J’aime beaucoup Glass Eyes aussi…qu’ils ne chanteront sans doute jamais en concert, trop intimiste.

  4. 1 mai 2018 at 18 h 53 min —

    J’avais oublié l’évocation de la mort de son père dans un tweet de Nigel à la sortie du disque, effectivement… intéressant aussi ce que tu dis sur « the loudest sound », c’est la magie des lyrics de Thom Yorke ça aussi…

    Concernant la chanson en elle-même, j’ai par contre trouvé que c’était la plus évidente de AMSP à la première écoute. Coup de foudre immédiat, qui au fil du temps s’est pas mal émoussé. J’aime toujours son intro, et cette première montée de choeurs puis le « just a laugh »… cet enchainement est parfait mais après la chanson m’ennuie un peu, comme si elle ne savait pas où finir, où aller… mais ça aussi ça peut avoir du sens si on tient à nos interprétations. On fait quoi quand l’autre n’est plus là ? Souvent on erre…

    Par contre « glass eyes » est bouleversante. Son intro est la plus belle de AMSP, les paroles sont limpides, le chant de Yorke, tout, la durée du morceau, ce qu’on veut bien y entendre, ou en comprendre… on ne parle pas assez de ce morceau, qu’on peut comparer au « faust arp » sur In rainbows, même parenthèse à peine au dessus de la bar des 2 minutes, mais « glass eyes » semble bien plus fleuve…

    Pour « let down », oui là aussi, curieux cette longue absence… puisqu’on en est aux théorie, personnellement je crois que le groupe ne l’a jamais adoré même à l’époque de la tournée OKC, elle avait disparu dès la tournée Kid A contrairement à d’autres vieux morceaux et puis je pense qu’ils ne se sont pas rendus compte que cette chanson était entre-temps devenue très très appréciées des fans… et puis à un moment ils ont du comprendre que pas mal de gens la réclamait.

    • Laurent
      3 mai 2018 at 22 h 11 min —

      En ce qui concerne « Let down », c’est la complexité rythmique du morceau qui a « justifié » son absence.

      Pour faire simple, la partie de guitare (sans doute accordée bizarrement, un mystère que j’ai essayé de percer il y a 20 ans) jouée par Jonny n’est pas jouée au même rythme que les autres instruments.

      Pour avoir eu la chance de comparer les versions live 1997/2017, la version récente sonne mieux qu’à l’époque.

      • 3 mai 2018 at 22 h 49 min —

        Oui, effectivement tu as raison ça me dit quelque chose cette histoire. Je pense que c’est un peu le même problème sur « In Limbo », complexité rythmique aussi il me semble… ce morceau n’est presque jamais joué en live, et il me semble qu’il avait énormément souffert dessus en studio…

  5. 1 mai 2018 at 18 h 55 min —

    (bon sang ce nombre de fautes dans mes messages… sincèrement désolé. On ne peut modifier un message posté ? Ou alors plus simplement je devrais me relire plus attentivement…)

  6. valerie
    1 mai 2018 at 20 h 38 min —

    Si si tu peux corriger en cliquant sur Edit…

  7. 1 mai 2018 at 21 h 16 min —

    Merci à tous les deux pour ces commentaires instructifs. Moi qui suis franco-britannique, je me rends compte que j’ai apprécié ce titre sans travailler autant que vous le sens des paroles ! Je n’avais pas mesuré à quel point Decks Dark était marqué par le contexte personnel des membres du groupe (surtout de Thom). Je me demande si l’ambiance dans laquelle AMSP a été enregistrée ne vas pas finalement jouer un sale tour à cet album pour la postérité. Ca me fait penser au dernier Nick Cave & The Bad Seeds, totalement englouti par le deuil de la mort du fils de Nick Cave. Il y avait aussi, d’une certaine façon, la trilogie Varsovie, L’Halambra, Paris de Saez. Inchantable par la suite.

    J’ai bien aimé lire ton analyse, Kid Amnesiac, sur le début de Decks Dark et cette montée. Contrairement à toi, et plutôt comme Valérie, j’aime encore assez la seconde partie du titre dont je ne me lasse pas. En revanche, je ressens ce que tu décris pour Decks Dark (bon début et suite plus difficile) sur Ful Stop ! J’adore les 2 premières minutes mais, après, je la trouve trop longue ! À presque préférer les premières versions jouées en live dans les années qui ont précédé AMSP. Je me souviens avoir déjà entendu Thom expliquer que le plus difficle c’était d’arriver à bien finir un titre.
    Ceci étant dit, il faut bien admettre qu’ils nous habituent trop à la perfection. Et je suis d’accord pour Glass Eyes, Quel titre ! C’est sûr que cela fait comme un interlude à la Faust Arp ou Fitter Happier mais alors, rien à voir en terme de qualité. C’est peut-être même mon titre préféré d’AMSP avec Decks Dark.

    Une dernière observation : j’ai participé aux débats passionnés qui ont entouré la sortie d’AMSP sur ce site et je me souviens très bien d’un clivage entre deux camps qui était apparu chez les fans (en tout cas ceux qui ont participé au débat sur ce site). Il y avait ceux, dont je faisais partie, qui voulait mettre AMSP au même niveau que leurs meilleurs (OKC et KID A par exemple) et qui avaient du mal à retomber de leur nuage tant AMSP était bien. Mais le débat a vite dévié sur des classements de leurs albums. Et là, il y a un groupe de fans, c’était très net, qui n’hésitait pas à dire que TKOL était leur meilleur album depuis KID A. J’étais un peu surpris par cette opinion hard core. Mais, maintenant, je dois avouer que je pense de plus en plus que, comme KID A, TKOL vieillit comme un Pomerol !

  8. 3 mai 2018 at 11 h 23 min —

    Salut à tous,

    Je me permets d’intervenir concernant TKOL.
    J’ai toujours pensé que cet album n’était pas reconnu à sa juste valeur et ceux pour plusieurs raisons (ce n’est que mon avis hein):
    – la production définitive de l’album. Je pense qu’elle demande une écoute sur un très bon super. Ou au moins au casque. Sur du mauvais Mp3 c’est de la bouillie. Je n’ai pas encore jamais écouté le Vinyle. Je me demande si ce n’est pas sur ce support qu’il faille écoute ce Lp.
    – pour info, j’écoute personnellement cette version prise sur Youtube et qui s’appelle « The King Of Limbs Live In The Studio ». Je la trouve bien meilleure que la production de fin et, encore une fois, à écouter au casque. Attention, je ne confonds pas avec From The Basement je vous rassure.
    Voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=fwkzV8VlteM
    – On oublie trop vite que TKOL c’est pas que les 8 titres. Pour moi il faut rajoute les fabuleux titres des maxis qui l’entourent: Staircase, Supercollider, The Butcher, The Daily Mail, There are my Twisted Words. C’est pas du lourd ça les amis !! Rajoutez ça au LP et il prend sacrément de la gueule.
    Voilà voilà. Désolé d’avoir poursuivi sur le hors-sujet.
    Sinon j’ai adoré lire tous vos commentaires sur « Decks Dark ». Perso j’adore ce titre. Il me fait frissonner. Et je ne comprends pas qu’il soit si peu voire mal exploité en live. Comme tous les titres d’AMSP d’ailleurs. Mais bon je relancerai pas le débat sur les live actuels du groupe qui me déçoivent énormément. J’aurais tant adoré un From The Basement pour ces titres…avec des cordes etc..

    Bonne journée à tous.

  9. 3 mai 2018 at 11 h 24 min —

    – la production définitive de l’album. Je pense qu’elle demande une écoute sur un très bon super.
    *** Oups support et non super***

  10. 3 mai 2018 at 21 h 02 min —

    J’ai adoré lire vos commentaires, franchement l’analyse sur Decks Dark est très intelligente à mon avis. Je trouve que A Moon Shaped Pool vieillit très bien. Et comme Glass Eyes est ma chanson préférée depuis la toute première écoute, je vous laisse avec ça:
    https://www.youtube.com/watch?v=Xk-_Tsiu0Rg

  11. Laurent
    3 mai 2018 at 21 h 48 min —

    Complètement en phase avec cette analyse de DD
    Elle n’est -je le pense- absolument pas une chanson qui mentionne une référence aux extra-terrestres.

    A la sortie d’AMSP, je le plaçais en léger retrait par rapport aux sommets que sont Daydreaming, The number, The present tense ou bien sûr le point d’orgue TLW.

    C’est à l’occasion du 2e concert de la tournée de 2016 que j’ai pris la pleine mesure de cette chanson qui, dans sa version « live » est une excellente synthèse de ce que peut être un morceau de Radiohead: Varié, riche, dense bien « construit » et de sacrées paroles sensées.

    Sur la question de leur hypothétique insatisfaction du rendu en conditions de live, je ne pense absolument pas, matez cette version (vécue de plein face en ce qui me concerne)

    https://www.youtube.com/watch?v=i3__KOf6xZE

    • 3 mai 2018 at 22 h 57 min —

      C’est marrant moi j’ai fait le cheminement complètement inverse 🙂 Aux premières écoutes, je plaçais Decks Dark au même niveau que les sommets que tu mentionnes… c’est le temps qui m’a fait reconsidérer son importance. Attention c’est une superbe chanson (mais tout AMSP est superbe pour moi, enfin sauf le titre de l’album mais c’est un détail). Mais je la ressens presque comme une évidence, une chanson qui dit « nous sommes Radiohead, tiens voilà une chanson pour vous, confortable, du Radiohead comme vous aimez et comme on nous perçoit ». C’est un morceau avec peu de surprise au fond, c’est de A à Z ce qu’on attend de ce groupe, fan ou simple auditeur curieux. Mais encore une fois, le morceau est superbe bien sur !

  12. 4 mai 2018 at 0 h 34 min —

    La version live de Decks Dark que tu proposes Laurent et justement celle que j’ai ré écouté après avoir lu vos commentaires. Et elle est tellement belle, avec le final à la guitare de Jonny, tellement dense émotionnellement.
    Alors oui, sans doute n’est ce pas très novateur, une évidence, ce que nous attendons d’eux, mais ils le font tellement bien…
    Je reviens d’un WE à Londres, trop court pour un pèlerinage à Oxford (LOL) mais suffisamment long pour que je mesure la complexité de la langue de Shakespeare et mon incapacité à en comprendre toutes les nuances…!
    Pour autant, je pense aussi que Thom évoque l’annonce d’une maladie grave dans cette chanson et je partage l’analyse de Kid Amnesiac, moins celle de Valérie sur le décès du père de Nigel. Le relationnel est, à mon sens, trop ténu pour correspondre à la force de l’affect projeté dans ces paroles.
    C’est sans doute pour moi aussi un des plus beaux titres de A Moon Shaped Pool.

  13. valerie
    5 mai 2018 at 23 h 51 min —

    Je crois que la chanson a été écrite d’un point de vue personnel à propos de la maladie de Rachel mais cela n’empêche pas qu’elle ait pris un sens plus général au moment de l’enregistrement de l’album qui a coïncidé avec une expérience peut-être similaire de Nigel. C’est aussi pour cela que les textes de Thom nous touchent: ils ne sont pas seulement autoréférencés mais atteignent un sens universel. C’est pour cela que certaines chansons, trop intimes, sont sorties du répertoire (hélas pour nous « Black Star », la première chanson de RH dont j’ai été addicte pour ma part).

  14. 7 mai 2018 at 14 h 53 min —

    Thom seul en mai, puis de nouveau Radiohead en juillet. :p

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