chansons

I Might Be Wrong

Inspiration pour la chanson : 1999-2000
Ecriture des paroles : vers 2000-2001
Enregistrement studio : février 2000 ?
Premier live (Thom, acoustique) : 19 juin 2000 (Milan)
Premier live (groupe) : septembre 2000
Sortie sur album : 4 juin 2001 (Amnesiac)
Clips de promotion : juillet 2001
Sortie sur EP (version live) : novembre 2001 (I MIght Be Wrong live EP)

 

 

  1999-2000

Comme beaucoup des chansons, c’est Thom qui a écrite et composé une démo, tout seul à la maison.  Il a expliqué dans plusieurs articles ses sources d’inspiration :  en premier lieu, sa maison des Cornouailles, où il s’est reposé en 1999, et une drôle de « fantaisie » de son esprit, qui lui donnait l’impression d’être épié.

Q : « I Might Be Wrong really conveys that feeling well, Something life-changing is obviously going on but you don’t tell us exactly what it is. »

Thom : (Half-sings) « ’I used to think there was nothing left at all.’ It’s a document of a complete crisis point, basically. I live on a beach and one night I went out on my own and looked back at the house and even though I knew there was nobody there, I could see a figure walking about inside. Then I went back to the house and recorded that track with this presence still there. »

Q : « This was some sort of stalker ? »

Thom : « No, it was all in my mind, as usual (laughs). The song really comes as much from what my long-term partner Rachel was saying to me, like she does all the time, »Be proud of what you’ve done. Don’t look back and just carry on like nothing’s happened. Just let the bad stuff go.« When someone’s constantly trying to help you out and you’re trying to express something really awful, you’re desperately trying to sort yourself out and you can’t – you just can’t. And then one day you finally hear them – you finally understand, after months and months of utter fucking torment : that’s what that song is about. »

— Thom Yorke / Mojo, juin 2001

 

 

et pour répondre un peu aux jeunes qui faisaient des interprétations sur sa chanson pour le magazine Seventeen en août 2001, Thom a développé sa pensée. Il aime bien observer le cycle de la vie, les choses qui meurent…. Depuis la fin des années 90’s, il est un lecteur du Livre des Morts de la philosophie bouddhistes, et ce cycle de la vie, dans la campagne,  en fait partie.

That’s good. I spent a lot of time watching things die. Walking a lot in vast landscapes, watching the seasons change, ancient rocks, rotting carcasses, flowers blossoming, rivers gurgling. I was reading The Tibetan Book of the Dead as well.

It’s funny, this song was first-take words and singing, and I can’t even remember doing it, except for having the feeling of someone watching over me, » says Yorke. « Regretting past actions is a trap that can destroy you. mistakes make you realize that you always have to keep learning, and it’s only pride that stops you. So much for analysis. Was it good for you ?

— Thom Yorke / Seventeen, août 2001

 

 

D’ailleurs, dans le même ordre d’idée, il semblerait que la lecture du roman Siddartha d’Herman Hesse ait beaucoup influencé Thom à cette époque. La preuve en est qu’en 2001, sur la nouvelle version du site radiohead.com, on y retrouvera une citation, dont le thème de la « river/waterfall » fait écho à trois des chanson d’ Amnesiac (‘Pyramid Song’/’I Might Be Wrong’/’Like Spinning Plates’). Trois chansons, d’ailleurs, placées à des endroits stratégiques de l’album : début / milieu / fin (encore cette idée de cycle !)

« They all became part of the river. It was the goal of all of them, yearning, desiring, suffering; and the river’s voice was full of longing, full of smarting woe, full of insatiable desire. The river flowed on towards to it’s goal. Siddartha saw the river hasten, made up of himself and his relatives and all the people he had ever seen. All the waves and water hastened, suffering, towards goals, many goals, to the waterfall, to the sea, to the current, to the ocean and all the goals were reached and each one was succeeded by another. The water changed to vapour and rose, became rain and came down again, became spring, brook and river, changed anew, flowed anew. But the yearning voice had altered. It still echoed sorrowfully, searchingly but other voices accompanied it, voices of pleasure and sorrow, good and evil voices, laughing and lamenting voices, hundreds of voices, thousands of voices…………. »

 

En 2001, un journaliste a demandé à Thom si le titre « I Might Be Wrong » (qui ne sera sonné à la chanson que vers mi-2000) était une réponse à la chanson « You May Be Wright » de Billy Joel… et la réponse est claire :

Q: There’s an alarming number of vague Billy Joel references in the new song titles – « Life in a Glasshouse, » « I Might Be Wrong. » Intentional?

A: I don’t know any Billy Joel. Except that one about « still rock ‘n’ roll to me » which I remember singing along to in a megastore.

— Thom Yorke / San Francisco Chronicle, 24 juin 2001

 

 

C’est donc sûrement vers 1999 que Thom pense la version démo de la chanson. Il a d’ailleurs expliqué dans Rock&Folk en juillet 2001 comment il a composé la chanson.

Je compose de moins en moins à la guitare. Par exemple, I Might Be Wrong, où la guitare sert de base, je l’ai trouvée avec un clavier et un séquenceur, mais le son ne me plaisait pas particulièrement, alors j’ai du l’apprendre à la guitare. Ça sonne comme un riff de guitare, alors que je voulais plutôt évoquer une ligne de basse à la New Order.
— Thom Yorke / Rock&Folk, juillet 2001

 

 

  fin 1999- début 2000

L’enregistrement de KID A débute en studio, où le groupe se retrouve après la longue pause (pause dans les Cornouailles notamment pour Thom !). Thom présente au groupe les démos et idées qu’il a préparées à la maison, et chacun laisse libre cours à son imagination.

Phil déclarera un peu plus tard que peu de choses avaient à être ajoutées à la démo qui éait déjà très bien :

In some ways, some of the ideas that Thom brought to the sessions were fairly complete, really. Songs like ‘Everything In It’s Right Place’ or ‘I Might Be Wrong’… very little needed to be added to them or changed in them.
— Phil Selway / www.thenitmustbetrue.com, juin 2001

 

 

 

Colin est très content de la ligne de basse que la chanson semble nécessiter, où il va pouvoir jouer comme « Bernard Edwards » de Chic !

 

Best of all is ’I Might Be Wrong’ : basically just a Thom Yorke home demo with a drum machine that Jonny Greenwood personally built and an exquisitely serpentine bass line from his brother who « had it in mind that I was Bernard Edwards that night ». Over an eerie, trance-like metallic beat and a venomous-sounding guitar riff, Yorke sings in a chillingly sweet falsetto as though his voice is a soprano saxophone.
— Colin Greenwood Mojo, juin 2001

 

De septembre 1999 à juin 2000, Ed tient un journal en ligne où il raconte les expérimentations et le travail de chacun. Il n’y est jamais fait référence à ‘I Might Be Wrong »… pas directement en tout cas…

 

Il est probable que cette chanson, évoquée sans titre, avec une super ligne de basse, soit I Might Be Wrong :

anyway coz fixed up his fantastic driving bass thing….thom did a cool synth pass…and it’s quite fast for us.
— Ed O'Brien / journal en ligne, 23 février 2000

 

Ed en reparle le 6 et le 9 mars, en la désignant comme « chanson sans nom », mais en expliquant alors que la ligne de basse est travaillée par Colin.

downstairs on the track that has no name.
— Ed O'Brien / journal en ligne, 6 mars 2000

 

 

arrived at the studio and some brilliant stuff had been done last night. cozzie finished off his amazing bass thing on the song with no name……bass musos won’t believe it.
— Ed O'Brien / journal en ligne, 9 mars 2000

 

 

 

 le lundi 19 juin 2000

La chanson est jouée pour la première fois à Milan dans une version relativement acoustique. Il joue certainement cette nouveauté pour se rattraper de la version acoustique de « Killer Cars » qu’il a tenté de jouer juste avant, et qu’il a abandonnée parce qu’il ne se souvenait plus des paroles… Killer Cars aurait du conclure le concert, à la place le public a eu « I Might Be Wrong ». Cette première version comporte de nombreuses différences dans les paroles avec les autres versions. Il est probable que Thom n’était pas encore bien prêt à la jouer, et qu’il s’est un peu emmêlé. D’ailleurs, la chanson ne sera plus jouée de l’été, mais elle sera expérimentée presque tous les soirs à partir de septembre (en deux mois, Thom a eu le temps de bien la répéter).

 

Merci à Johan de nous avoir envoyé le MP3 :

[dewplayer:http://www.radiohead.fr/wp-content/uploads/2014/IMG/mp3/2000-06-19imightbewrong.mp3]

 

 

 

le vendredi 1er septembre 2000

Cette fois-ci, c’est le groupe qui joue la chanson, pour la première fois à Newport. Elle sera alors jouée très régulièrement dans les lives suivants. Dans les version de septembre, la chanson se terminent par « it’s nothing at all », à partir d’octobre, ces mots seront remplacés par « never look back ».

C’est sous cette dernière version d’ailleurs qu’on retrouvera les paroles de la chanson sur la version 2001 du site radiohead.com (page deciduous)

 

17 octobre 2010, Toronto (à partir d’1h29’40 environ) :

 

le lundi 4 juin 2001

La chanson sort sur l’album « Amnesiac ».

 

en juillet 2001

Bien que la chanson ne soit pas sortie en single (sauf en single promo aux Etats-Unis), deux clips sont proposés pour la chanson, un sur internet uniquement

et un autre diffusé à la télévision :

A propos du clip internet
Producteur : Chris Bran, des Vapour Brothers Sortie : juillet 2001 Cette vidéo avait été réalisée pour constituer, à la base, un second clip pour Pyramid Song. Encore une fois, on a un clip fait entièrement en animation, sur Macintosh (l’outil préféré de Thom, aussi bien comme computer que pour travailler la musique.). Au final, elle est devenue exclusivement réservée à Internet (aux fans avertis donc), diffusée par le groupe, sur le site officielle, et pour promouvoir ’I Might Be Wrong’, ce qui est d’ailleurs étonnant, puisque la chanson n’avait jamais été mise en avant comme un single ou quoi que ce soit, du moins à cette époque. Elle est juste arrivée comme ça, un jour. Comment la décrire ? Eh bien… c’est une sorte de blip plus long, dans l’esprit de l’artwork d’amnesiac. Il n’y a pas vraiment d’histoire, mais plus des superpositions de scènes animées… Il arrive parfois qu’on voie Thom chanter (c’est enregistré dans le studio d’Oxford)…Mais plus généralement, ce sont des minotaures, des forêts , des flammes, des montages blanches, des tunnels que l’on distingue. Sur la fin, l’image nous montre une sorte de labyrinthe en 3D, un peu comme dans un jeu vidéo, avec sur chaque mur, des artworks Radiohead… La scène finale se fige sur une sorte de rue… et voilà ! Uhm, non ? Bon allez, on va laisser le réalisateur commenter lui même :
« The video began as a 5 minute sequence of the minotaur floating through different scenes and moods. I used various programs and devices which caused the minoatur to shift and distort according to the sound or video signals i played under it. I showed this to Thom, along with some colour scenes that I’d been working on and he suggested combining the two and shooting a sequence of himself performing the song. Because it’s an Internet exclusive video it was never mastered to tape. It was created completely on my laptop and then delivered straight to the internet. »

A propos du clip télévision

Le clip avait déjà une version dite ’Internet’ sortie quelque mois plus tôt, sur le net donc, un peu pour les fans, on va dire. Pour la sortie de l’EP I Might Be Wrong, la maison de disque a décidé de sortir pour la promotion à la télé un véritable clip.

Le clip est assez joli, mais il est malheureusement très rarement diffusé (assez rarement sur MTV2) La vidéo a été tournée dans un parking souterrain, et est très très sombre… et obscure, dans les deux sens du terme. On voit Thom et les autres parfois partiellement éclairés… Par des effets de caméra, on voit de temps en temps Jonny qui joue de la guitare et Thom qui chante… un peu comme si la vidéo était visualisée sur une très vieille télé à l’image dégueulasse. Les plans sont très serrés. Ambiance claustrophobique garantie !
L’image est parfois comme accélérée, parfois elle a un effet kaléidoscope. Pas la vidéo la plus mémorable…

Réalisatrice du clip réalisé pour la télévision d’I Might Be Wrong’, Sophie avait déjà travaillé auparavant avec de nombreux artistes : Sparklehorse, Björk, PJ Harvey.
How were you commissioned to direct Radiohead’s ‘I Might Be Wrong’ video ?

Sophie : « I made these five videos inexpensive videos for a band called Sparklehorse, It’s just myself with a light and a camera. Radiohead really liked them and Dilly Gent who commissioned ‘I Might Be Wrong’ knows my work. They wanted to make a video that wasn’t a big deal, that wasn’t going to cost millions of pounds. As Thom said to me, he felt that the approach to the album and the artwork was very much like found bits of things put together. So I said, ‘Do you want to do a kind of video that’s like a found bit of film ?’ Which is where the initial idea came from I suppose. It was a sort of lost piece of film that someone had unearthed. Though I’m not sure it turned out like that, but that was the kind of original thinking. And it was going to be performance based, but wasn’t going to have the whole band because they were only going to be there six hours. It’s quite stressful, if you’ve got five people, to film them all. It’s much easier to work with one or two people, so that’s why there was only two of them in it. I just went, ‘Well, it’s a guitar song with a singer, so I’ll just have the guitarist and the singer, please. »

 

le mardi 13 novembre 2001

Sortie de l’EP « I Might be Wrong Live recording », premier album « live » du groupe. On y trouve une version d’I Might Be Wrong enregistrée pendant le concert du 7 juillet 2001 à Oxford.

 

le jeudi 3 juillet 2003

Thom et Jonny en ont interprété une jolie version acoustique pour le live@Le Réservoir :

 

le lundi 8 février 2010

Thom a rejoué la chanson à la guitare acoustique en solo, comme la toute première fois, au Big Chill Festival et au Fuji Rock.

Vidéo du Fuji Rock :

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  1. 17 août 2010 at 12 h 16 min —

    A noter qu’il existe 2 versions de cette chanson:
    Acoustique avec seulement Jonny et Thom en 2003 au Réservoir (Paris) : http://www.youtube.com/watch?v=bXyyTKGGWtM
    Acoustique avec juste Thom en 2010 au Big Chill Festival et au Fuji Rock: http://www.youtube.com/watch?v=LPSeYLmxVj0

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