les membres du groupe et leur univers

Chris Hufford

Chris Hufford assisté de Bryce Edge, manage le groupe depuis presque ses débuts (ils officiaient déjà à l’époque On A Friday!, mais a aussi opéré en tant que producteur auprès de lui.

 

Chris Hufford :

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Ayant tous les deux participé au groupe romantique Aerial Fx, Chris Hufford et Bryce Edge décidèrent à la fin des années 80 de se reconvertir dans la production, et achetèrent donc un studio à Abington, près d’Oxford, où fut enregistré, entre autres, le second album de Slowdive, Morning Rise (1991).

In their mid-thirties in 1987, two former members of a band called Aerial FX, Chris Hufford (guitar, bass, vocals) and Bryce Edge (keyboards) became part of a partnership running an ambitious complex of hi-tech business units and matching houses designed to bring IT-age living to Oxfordshire almost a decade before it became fashionable or, indeed, totally feasible. At its core was a recording studio. By 1990 the project was in serious trouble and the studio was running at a loss. When the partnership crumbled, Chris and Bryce managed to rent the purpose-built studio space from the new owners. A long session with local band Slowdive saved the business and they began to hatch plans for a production company.
— Mojo, septembre 1997

 

 

Ce serait un ami proche de Bryce Edge, John Butcher, qui était apparemment dans la même classe que Thom, qui aurait soumis à Hufford une première démo du groupe (alors On A Friday). Hufford fut assez intrigué par ce qu’il entendit.

One afternoon, a young man named John Butcher, a close friend of Chris’s assistant, came into Courtyard with a demo tape. It was the complete works of a band which featured two of Butcher’s classmates, Thom Yorke and Colin Greenwood.
— Mojo, septembre 1997

 

La bande qu’il avait reçue comportait 15 chansons. En fait, il aurait très bien pu passer à côté du groupe si la dernière chanson, une sorte de remix d’une chanson du groupe « Public Enemy » montée d’une manière folle ne l’avait pas intrigué…

Je suppose que vous gardez un souvenir précis de la première fois où vous avez écouté Radiohead ?
Oui, bien sûr, je m’en souviens même comme si c’était hier ! En fait, avec mon partenaire (ndlr. Bryce Edge), nous avions à Oxford un studio d’enregistrement, qui s’appelait Courtyard. On travaillait pas mal avec les groupes du coin. C’était l’époque de ce qu’on a appelé la scène shoegazing, avec Ride, Slowdive et d’autres. Un ami de l’un de nos assistants m’a passé une cassette de On A Friday. Il devait y avoir quatorze ou quinze chansons. Pour être sincère, même s’il y avait quelques mélodies intéressantes, je trouvais que la plupart des morceaux n’étaient pas particulièrement fantastiques, on sentait trop les influences, essentiellement américaines. Le seul titre qui m’a séduit alors était le dernier, surtout parce qu’il sortait du lot : c’était un truc étrange avec des boucles, plus orienté électronique.
— Magic, 2003

 

Ce dernier titre faisant preuve d’audace, les deux hommes demandent à en entendre plus. Jonny lui apporta six mois plus tard la première démo officielle du groupe enregistrée en avril 1991…

It was a weird looped-up dance thing which was completely mental but had something about it that was very different. I asked if they had anything else. After about six months John brought in another tape with Stop Whispering and What’s That You Say on it. These were great songs. Now they had an identity.
— Mojo, septembre 1997



 

Chris Hufford décida donc d’aller voir ce que le groupe donnait en concert, à la Jericho Tavern pour confirmer la première impression, et c’est bluffé qu’il va en revenir. Il n’a rien vu d’aussi bien depuis trois ans !

He heard about us through a mutual friend and came to see us at the Jericho. Afterwards he was almost shaking. He said we were the best group he’d seen in three years and invited us to record with him at the Courtyard. We see it as an investment.
— Curfew, novembre 2011

 

Les deux hommes décident donc de s’occuper du groupe : ils vont les manager et leur enregistrer gratuitement une démo digne de ce nom.

’ai quand même demandé s’ils avaient d’autres choses à faire écouter. J’ai récupéré une deuxième cassette quelques mois plus tard et, là, les progrès étaient vraiment notables. Je suis donc allé les voir en concert et j’ai pris une claque, comme on dit ! (Rires.) En tout cas, il a dû s’écouler quatorze mois entre la première fois que j’ai écouté leur musique et le moment où Bryce et moi sommes devenus leur manager.

C’est donc ce premier concert qui vous a définitivement convaincu ?
Disons que Bryce et moi étions vraiment intéressés par la seconde cassette, mais c’est vrai qu’après le concert, nous nous sommes dit qu’il fallait faire quelque chose avec eux, sans avoir d’idées très précises non plus. Par rapport à ce qui se passait musicalement à l’époque, surtout à Oxford, On A Friday était à part, avec une approche plus rock, plus agressive. À la fin du concert, je suis quasiment monté sur scène pour leur proposer de venir enregistrer une nouvelle maquette dans notre studio, que nous produirions gratuitement. (Rires.) Et puis, même si nous n’avions pas d’expérience dans ce domaine, l’idée a germé de devenir leurs managers. Mais nous connaissions quand même quelques rouages du business puisque nous avions nous–mêmes joué dans des groupes…

— Magic, 2003

 

 

Une seconde cassette, avec 5 titres cette fois, est enregistrée en novembre 1991 aux studios Courtyard, La Manic Hedgehog demo Tape. Elle est vendu 3£ dans le magasin de disque où travaille Colin (le « Our Price »)… Ce dernier tendit un jour la démo à Keith Wozencroft et le groupe signa avec EMI.

 

A son tour, notre duo intégra lui aussi la maison de disque et put parfaire sa collaboration avec le groupe, en devenant leurs managers.

Devenir Manager n’était pas une vocation pour les deux hommes, mais ils croyaient tellement en Radiohead qu’ils s’en accommodèrent :

Management had never been an ambition, »expliqua Hufford. « We’d always thought managers were complete tossers. But we’d learnt a lot. We though, Let’s be management where you put yourself in the artist’s shoes. We were naive about a lot of the buisness but we totally believed in the band.
— Mojo, septembre 1997

 

A noter qu’ils furent les producteurs du 4 titres Drill, mais que cela ne se fit pas sans difficulté :

A huge conflict of interests. I think thom was very unsure of my involment. I’d had that happen to me as an artist when one of our managers acted as a producer – it was fine until we wanted to develop and move on – so I was acutely aware of what he was feeling, but i can be quite overbearing and opinionated in the studio. there was definitely some frction on that front. Otherwise, it was a treat, we fired out the songs.
— Mojo, septembre 1997

 

Au départ, vous avez cumulé les “casquettes” de producteur et manager ?
C’est vrai et ce n’est certainement pas la meilleure idée que nous ayons eue ! (Rires.) Nous avons enregistré le Ep Drill, et il y a eu pas mal de tensions, des conflits d’intérêts. Je crois que Thom, en particulier, se posait des questions quant à notre principale motivation… C’était d’autant plus maladroit que j’avais moi-même été confronté à une situation identique lorsque j’étais musicien. Et que j’avais eu à peu près le même genre de réaction. Mais, et dans ce métier encore plus que dans un autre, je crois que c’est en faisant des faux-pas que l’on apprend.

Et pensez-vous avoir commis d’autres erreurs ?
Oh, sans doute. Peut-être dans le choix de certains singles à une époque. Nous avons aussi mis trop de pression au groupe au début de l’enregistrement de The Bends. Il y en a certainement d’autres, mais, bizarrement, je ne m’en souviens plus… (Rires.)

— Magic, 2003

 

 

Chris Hufford est à l’origine du Tinitus Remix de Stupid Car. Après le succès de Creep, ils ont décidé de se consacrer uniquement au management de radiohead, laissant de côté leurs rêves musicaux :

When Radiohead’s « Creep » took off in America, he stopped doing studio work and devoted himself to the band, packing away his own dreams of musical creativity. « The last studio work I’d done had been the final Slowdive album, and it was a nightmare, » he recalls. « I was effectively working 20-hour days, and it was physically draining, so I decided I had to stop doing that and put all my energies into Radiohead. »
— http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/music/features/chris-hufford-the-man-who-guided-radiohead-to-stardom-has-his-own-chillout-project-to-shout-about-463589.html

 

En tant que managers, les deux hommes gèrent la carrière du groupe, en leur garantissant un maximum d’indépendance et de liberté artistique. Ils répondent toujours volontiers aux interviews et justifient toujours les choix du groupe.

What was behind your move to make the Radiohead album available at such short notice and in three stages, starting with a digital-only release?

It’s great to create excitement. Music is supposed to be exciting and not just a business. It is a business, obviously, but surely there is more to it than it feeling manufactured. It is great feeling the excitement from people and that is what it should be all about. We are trying to keep it fun, keep it interesting, keep it different and keep everybody guessing.

— Music Week, février 2011
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