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WTF with Marc Maron

Vous pouvez écouter et télécharger l’épisode 408 là de l’émission de Marc Maron dans lequel il a interviewé, pendant plus d’une heure, Thom Yorke (ça commence à 12’14). C’est très agréable et plutôt amusant à écouter, ils parlent lentement et le chroniqueur est américain donc c’est assez facile à suivre.Marc Maron précise que ce jour-là, il s’est rendu là où Thom répétait avec Atoms for Peace mais que Flea était malade et que c’était donc jour de relâche ou à peu près. L’interview a été faite bien avant l’affaire Spotify.

Je résume les principaux sujets de conversation (beaucoup d’anecdotes):
Au début Thom raconte qu’il est allé visiter the Magic Castle, une attraction très connue à Los Angeles, un château consacré à la magie, ça ne l’a pas du tout intéressé mais c’est l’occasion de blagues avec Maron…et de partir sur : alors, qu’est-ce qui vous plaît en Californie? Le soleil, la qualité des services et le fait qu’il y ait maintenant toute une colonie d’émigrés anglais, essentiellement parce qu’en Angleterre, tout va très mal.
Il l’interroge donc sur la politique anglaise: Thom explique qu’on est en plein “shock doctrine”, Cameron prend prétexte de la crise de la dette pour démanteler le système éducatif, la santé, etc. Il raconte qu’il a toujours été assez revendicatif: les repas chez les Yorke étaient le moment de batailles rangées avec son père et son frère auxquelles sa mère finissait par mettre fin par un “that’s enough”. Il critique le concept de méritocratie qui a convaincu la génération de son père justement que, si tout le monde faisait des efforts, on finirait par être tous rétribués et l’ordre était le meilleur garant de l’avenir. Il raconte aussi l’une de ses premières manifestations (pour défendre les prêts étudiants déjà): sur Westminster Bridge, à portée du Parlement, la police avait répliqué très violemment en chargeant les étudiants pacifiques avec des chevaux et il est resté très choqué d’avoir vu des manifestants blessés. Il a été très influencé par le mouvement “Reclaim the Streets” qui, pacifiquement et par des animations festives, protestaient dans les années 90 pour que l’espace public soit rendu au peuple.
Le nom d’Atoms for Peace fait référence pour lui surtout à ça, ces mouvements des années 68-70 qui étaient mus par le pacifisme et pas par la violence traditionnelle en Angleterre. La résistance par l’occupation simple du terrain lui semble une meilleure voie.

Marc Maron enchaîne en lui faisant remarquer que cette idée se ressent dans sa musique actuelle où il perçoit à la fois le projet de mouvement et d’unité. Thom raconte alors qu’en effet, parfois, la musique peut créer des moments parfaits où le sentiment d’appartenance, le sentiment collectif, est très intense: il a eu cette expérience en particulier lors du dernier concert de Radiohead à Phoenix: soudain 40 000 personnes sont à l’unisson, bougent sur le même rythme. Il ajoute qu’ils n’ont jamais rien fait pour ça et qu’il ne s’est jamais pris pour le messie, que les gens simplement, les ont suivis.

“Vous avez pris la décision de ne jamais vous répéter” dit Marc Maron: Thom explique que ce n’est pas une décision, c’est comme ça et il est comme ça. On ne peut écrire quelque chose pour plaire aux gens. On a juste eu beaucoup de chance qu’ils continuent à nous suivre.
“ça doit être difficile aussi de satisfaire les gens”: en fait, Thom Yorke affirme qu’il aime surtout les surprendre, faire des trucs inattendus “alors, vous m’aimez encore après ça?” Il insiste à plusieurs reprises sur l’importance de l’humour.

Marc Maron en vient aux influences: Thom raconte que le meilleur (et un des premiers, parce qu’il ne passait pas grand’chose à Oxford) concert de sa vie, c’est d’avoir vu Siouxsie and the Banshees. La présence sur scène de Siouxsie en particulier l’a scotché: elle était à la fois sexy et terrifiante, dominant complètement le public, mais dans une attitude punk, pas théâtrale.
Maron lui fait remarquer que ses prestations à lui sont également marquées par l’intensité, sans artifice: “oui, et aussi par de très vilains vêtements à nos débuts”. Il raconte que ça a demandé beaucoup de temps de savoir quoi faire sur scène, surtout parce qu’ils ont été jetés vite au milieu du monde du rock, sans être préparés à ce qui leur arrivait, avec des managers qui ne s’attendaient pas non plus au succès de “Creep”. Ils sont passés directement du van acheté à grands frais à leurs débuts aux concerts en Californie sans trop savoir ce qui se passait.

Interrogé sur ce qu’il voulait faire pendant ses études, Thom explique qu’il se voyait peintre mais qu’il a toujours été nul et que ses tableaux, trop intellectualisés (“critics of the critics”) étaient simplement horribles. En revanche, être exposé à beaucoup de créativité à l’école d’art qu’il fréquentait lui a permis de se donner la confiance nécessaire.

Il y a un bon passage aussi où il explique qu’il était évident qu’ils abandonneraient les guitares d’abord parce que lui n’en écoutait plus du tout au moment de Kid A et que les capacités musicales extraordinaires de Jonny donnaient l’espoir de tout se permettre: Jonny peut jouer de n’importe quel instrument dès qu’il le touche, Thom aime particulièrement les pièces pour piano qu’il a écrites, et les deux frères Greenwood, quand ils eurent acheté des tonnes de matériels nouveaux, s’y sont mis une bonne semaine et au bout de ça, ça y était, ils étaient prêts. Pour Thom, il n’y a pas très loin entre OKC et Kid A, juste le choix des instruments et ce n’était pas tant “tiens, Thom Yorke a découvert Aphex Twin”!

Il répète qu’ils se sont donnés une année off. Qu’il est de toute façon inutile de retourner en studio simplement pour s’y voir: il faut qu’il trouve une bonne idée pour continuer.
“Mais la guitare vous manque?” insiste Marc Maron: bah, c’est utile répond Thom mais j’écris surtout au piano en ce moment.

La fin de l’interview est consacrée à expliquer comment est né Atoms for Peace et “Amok”, rien de nouveau. Maron a l’air de trouver Flea intimidant, ce que ne confirme pas Thom qui le trouve très doux. Apparemment ils se sont vraiment bien entendus: lors du concert à l’Echoplex, il s’est passé quelque chose entre eux, une énergie extraordinaire s’est dégagée et c’est vraiment parti de là.
Dernière anecdote: lors de l’interview, il s’apprêtait à accueillir ses enfants à Los Angeles, les vacances commençant pour eux apparemment et il loue de nouveau les capacités de son fils comme batteur, il commence à jouer du jazz et le voir devenir adolescent semble passionner le père qui, resté très infantile (“conséquence directe d’être créatif”), doit en effet se retrouver en lui.

Désolée, je ne peux pas traduire le verbatim, ce serait trop long mais avec ça, vous devez pouvoir suivre à peu près la conversation.

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