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Thom Yorke on Neil 2 (+scoop)

Notre camarade mexicain a repéré un scoop : Atoms for Peace (et pas seulement Thom Yorke) assureront un DJ set (on se demande comment) ce soir, aux côtés de Gonjasufi (qui vaut bien GaslampKiller comme barbu) à la sortie des classes puisque c’est de 18h à 22h, bon mais c’est déjà sold out bien sûr :


https://www.brownpapertickets.com/e…


S’agit-il d’un événement anticipant la sortie de l’album attendu du groupe de Thom Yorke ? Des rumeurs courent sur la concomittance avec l’inauguration de l’exposition de Stanley Donwood, demain à Los Angeles


http://www.slowlydownward.com/alost…


Suite de l’interview de Thom Yorke à la BBC sur ses souvenirs de Neil Young (il enlève les vestes et il devient mystique) :


MC : C’est intéressant parce qu’il a joué avec beaucoup de gens différents. Bien sûr il y a eu tout ce qu’il a fait avec Crazy Horse, il a eu un groupe à moitié de country, et puis soudain il fait un disque avec Pearl Jam, et puis il s’approprie ça…tu es dans un groupe, c’est différent je pense…


TY : c’est très différent. Je ne peux pas savoir comment c’est de travailler avec tant de gens comme ça. Et je ne peux pas savoir comment ce serait de travailler avec lui, mais je pense qu’il se connecte probablement, il est là et puis il n’y est plus. C’est ce que j’imagine.


MC : je crois qu’il entend un son et qu’il pense que pour réaliser ce son, il lui faut travailler avec ces gens-là, ou bien il pense « je vais faire un disque de Crazy Horse, je vais me remettre avec ces gars-là Â» et il est comme poussé à faire chacun de ces disques. Et puis, soudainement, il entend un son dans sa tête et il lui faut le suivre.


TY : oui, euh, c’est ça. Entendre un son dans votre tête et devoir le suivre, je pense que c’est l’essence de tout songwriting. Je ne peux pas vraiment expliquer davantage.


MC : Comment c’était les Bridge Concerts ? Vos impressions, est-ce qu’ils sont dirigés par Neil, que font les gens ?


TY : Et bien, the Bridge School- d’après ce que j’ai compris, c’est une longue tradition (interruption à cause d’un problème de micro)


MC : Tu peux dire juste tes impressions, Thom. Ce serait intéressant.


TY : Ouais, il vaudrait mieux que je fasse ça parce que là je fais du remplissage. Quand j’ai participé au Bridge School, je ne sais pas comment mais j’ai eu le cran de lui dire –juste avant les concerts, pendant une soirée chez lui ; c’était très gentil il a invité tous ceux qui allaient jouer chez lui, je trouve que c’est vraiment généreux quoi- et je lui ai demandé à la fin de la soirée : « est-ce que je peux jouer ATGRUsh ? Vous n’allez pas le jouer vous, n’est-ce pas ? Â» Il m’a regardé comme si j’étais un vrai fou mais il a dit « OK, d’accord. Â» Et alors ça a été l’expérience la plus incroyable de ma vie : il était derrière moi sur un côté de la scène pendant que je jouais et il m’avait dit : « bon, si vous voulez jouer ça il vous faut jouer sur le piano où ça a été créé Â». C’était un vieux piano droit avec des plaques dessus. Alors voilà, j’étais assis à son piano, en train de jouer cette chanson, essayant de me souvenir des paroles exactement. Je ne sais pas pourquoi je voulais faire ça mais c’était une sensation incroyable, parce que c’était le meilleur moyen que j’avais de lui dire combien j’aimais sa musique. Et c’est un type très sympa, très ouvert, vous savez, c’est ce genre de truc bizarre, quand vous admirez vraiment quelqu’un et que vous finissez par juste parler, parler et je devenais de plus en plus space et finalement il était sur le point de partir, après je me suis senti stupide…mais, je pense qu’il vous parle vraiment mais son esprit vagabonde et il est parti. Quand j’y ai repensé, je me disais que je pouvais bien comprendre ça. Je suis un peu comme ça aussi. Mais c’est la personne qui m’a le plus intimidé de ma vie, j’étais tellement nerveux. Et puis de le voir jouer ce soir-là, c’était super. Je l’ai vu plusieurs fois, on a joué avant lui plusieurs fois, mais là…c’était très doux et intime, je ne sais pas, très spontané. Il fait ça sur scène, quand vous le regardez, il décolle complètement. On le voit dans le documentaire sur Prairie Wind, quand il joue cette chanson justement. Il commence, il joue la chanson et soudain il est perdu, il est parti. Comme si le NY normal avait disparu et qu’il y avait ce…comment dire…Bon, il est perdu dans l’instant mais je pense que c’est un peu plus que ça. Il est transformé. Et ça c’est passé ce soir-là au Bridge Concert. C’est ce qu’il a fait. Je veux dire, quand vous le regardez jouer, il trébuche et parfois il s’arrête, il recommence et il y a comme un vent qui souffle sur la scène. Une fois je l’ai vu jouer Cortez the Killer –c’était avec Pearl Jam (et il y avait une femme irritante qui n’arrêtait pas de me parler dans l’oreille) – j’étais au milieu d’un festival et un vent continu –je n’arrive pas à le dire autrement- mais le vent venait de la scène et il jouait un solo et il n’a pas arrêté un moment. C’était comme une force de la nature venant de la scène. Absolument extraordinaire. Parce que si vous écoutez calmement les extraits –il n’y a rien de spécial dans aucun des éléments mais quelque chose arrive et ça prend corps – ça surgit- comme ça. Je pense que les fois où on a joué avec lui –dans les mêmes festivals, tout ça venait de sa pensée. L’idée, c’est de devenir un canal qui transmet ce qui se passe. C’est ça l’idée, c’est ça que vous devez faire, et NY est capable de se libérer pour le réaliser. Il est très bon pour se libérer et laisser les choses arriver, et je crois que c’est ce qu’une performance live est supposée être. Hum…oui. (d’autres problèmes de micro)


MC : ça ne va plus être long, Thom…


TY : Pas de problème. Je suis juste dedans là.


MC : je comprends ce que vous voulez dire. Je suppose que c’est ce que la chanson Like a Hurricane résume. Cela vient par vague, la plupart des chansons, non ?


TY : Ouais.


MC : il est bon aussi pour ne pas se perdre de vue lui-même, non ?


TY : Ouais, pour lui c’est sans rien enjoliver. Comme je disais tout à l’heure, quand on revient sur un album de NY, on se souvient alors qu’il faut très peu de choses pour créer ce qu’il y a en vous, tu sais. Bon, RH est l’exemple même d’un groupe qui utilise trop de moyens. Lui est capable de juste partir à fond en acoustique et il crée ce truc monumental.C’est ça le folk.


MC : il y a une sorte de primitivisme dans sa musique. TY : Oui c’est vrai. MC : il y a du primitivisme dans ses chansons country et folk, et c’est la même chose quand il joue dans Crazy Horse, non ?….il n’est pas intelligent. Je ne veux pas dire qu’il n’est pas fantastiquement intelligent


TY : hum…(il n’a pas l’air d’accord, plutôt choqué par l’idée)


MC : ou qu’il n’est pas très sophistiqué mais il ne laisse pas l’intelligence interférer avec sa musique. C’est ma théorie.


TY : Ouais, je ne dirais pas … « il ne laisse pas l’intelligence interférer avec sa musique Â». Je ne sais pas, je ne dirais pas ça. Je dirais que, je ne sais pas ; Je veux dire, certains des disques des années 70, la façon de jouer est très serrée, je veux dire. Mais pas tout le temps. C’est vrai pour l’époque Crazy Horse. Mais mes albums préférés, pour les groupes, ça a toujours été les trucs des années 70. Parce qu’il a utilisé un tas de trucs tirés de Motown et qu’il aimait les rythmes serrés et la basse. C’est ce qui, dans notre groupe, nous a toujours fascinés, c’est qu’on puisse faire de la musique de guitares où la section rythmique est tellement stricte, peu importe les musiciens de studio de la Motown (Colin va me tuer pour ça). Et ça a toujours été une sorte d’obsession pour Radiohead. On peut avoir des guitares qui sonnent proprement mais en fait tout ce qui compte c’est le funk. C’est bizarre, je sais. Dans les seventies quoi.


MC : Tu trouves ça intéressant qu’il ait ces deux aspects ? L’acoustique et le côté plus rock. Et qu’il aille de l’un à l’autre. Lequel préfères-tu ? Tu aimes les deux autant ?


TY : Lequel je préfère ? L’acoustique ou le rock ? Et bien, j’aime bien l’album avec synthé qu’il a fait dans les seventies. Celui avec tous les vocoders, je ne me souviens pas du titre là.


MC : Trans ?


TY : Ouais.


MC/ Re-ac-to ou Transformer Man.


TY : peu importe. J’aimais bien, qu’est-ce que c’était, pas Live Rust, l’autre album live, le double album, mince, celui où Sonic Youth était en tournée avec lui…


MC : Ragged Glory ?


TY : Non.


MC : Oh, Weld.


TY : Ouais. Celui d’après Ragged Glory. . Bon, quand on a commencé à faire des concerts, après l’Université, Weld était l’un de nos disques favoris, à cause de ce chaos énorme, monstrueux, tu sais. Et le fait qu’il avait Sonic Youth avec lui en première partie c’était juste…bref, on peut pas manquer ça. Alors, oui, ça a été vraiment une inspiration pour moi. Maintenant je suis plus dans les trucs acoustiques, c’est intéressant. A cause de cette fragilité de nouveau. Cela me bouleverse. Je trouve aussi très émouvant que – je ne sais pas quel âge il a maintenant, mais qu’il écrive des chansons sur lui, Neil Young, à son âge. Il ne fait pas semblant d’être ceci ou cela, il est complètement sincère, il dit ce qui lui arrive, et c’est admirable.Personnellement, s’il me reste encore 10 ans de valable et que je puisse rester sincère dans les chansons que j’écris, ce sera une grande réussite. C’est là qu’intervient la protection féroce. Et de temps en temps, comme pour moi Prairie Wind par exemple, on trouve quelque chose. J’écoutais ça aujourd’hui. La manière dont c’est construit, ça paraît très simple, mais ce qui se passe d’un point de vue musical, c’est très sophistiqué. C’est aussi très moderne. J’adore cette chanson. En concert, Prairie Wind en concert, juste le regarder s’éclater pendant qu’il chante ça c’était vraiment extraordinaire.


MC : tu penses que c’est inhabituel…toute cette longue carrière et on a encore l’impression qu’il va le trouver encore.


TY : Ouais. Il continue à être dans le coup. C’est parce qu’il est resté sincère toute sa vie. Autant que je peux savoir –je ne sais pas grand-chose à propos de sa vie. Tu sais, vous faites une petite incursion dans la vie de quelqu’un, vous allez dans leur maison, vous faites les Bridge Benefit et vous êtes…je suis complètement intimidé par tout et donc tout est biaisé pour moi mais pour moi ça a été une inspiration parce qu’il est juste…c’est son monde, voilà ce qu’il comprend, voilà ce qu’il arrive à faire, et comment il fait sa musique…c’est petit et simple et généreux (il dessine une sphère avec ses mains). Et c’est ça que j’ai retiré de l’expérience, pensant « Whaouh, c’est extraordinaire Â» parce que, en dehors de REM, Neil Young m’a tout inspiré. La manière dont j’écris des paroles, tous les jours j’y pense, tu sais, tout le temps cette sorte de simplicité et cette affaire d’être sincère avec vous-même, c’est comme un rappel continu dans ma tête que tu puisses jouer 3 accords sur une guitare et faire sortir ce qu’il y a au fond de ta tête, et c’est fait : c’est tout ce dont tu as besoin.Tu n’as pas besoin d’autre chose. Alors, quand je l’ai rencontré je voulais lui dire tout ça mais je me suis juste saoûlé et j’ai fait l’imbécile. C’est la honte, vraiment. (tortillages, il rit en rougissant).

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