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revue de The eraser

L’homme et la machine
Le 07/08/2006 à 7 h 00 – par Jean-Baptiste Récolet

Thom Yorke, le charismatique leader du groupe Radiohead, sort son premier album solo.

Disons le tout net : ceux qui cherchent dans The Eraser un nouvel album de Radiohead feraient mieux de passer leur chemin. Car du quintet anglais, ils ne retrouveront que la voix de Thom Yorke et cette propension à l’électronique que l’on a pu retrouver dans l’album Kid A. Mais l’héritage musical de Radiohead s’arrête là. 

Boites à rythme syncopées, nappes électroniques feutrées et bips erratiques composent l’ossature de cet album ouvertement electro. The Eraser, pourtant envahi par les machines, se révèle paradoxalement plus accessible que Radiohead. Et l’on aurait pu penser que Yorke, libéré du carcan rock de son groupe originel, se serait laisser aller à plus de fantaisie. Il n’en est rien.

Sobre jusqu’à l’épurement, sans pour autant tomber dans l’abstraction, l’œuvre met surtout en avant le chant d’un Thom Yorke plus calme, plus doux, bien loin des geignements et autres tremolos mélancoliques devenus presque habituels. Mais croire à un hypothétique apaisement de l’Anglais serait une grave erreur. Car c’est dans les paroles que l’esprit torturé de Yorke reprend le dessus : effacement de l’espèce humaine et conditions climatiques délétères forment l’essentiel textuel de l’album. Et l’interprétation, toute en retenue, de renforcer la puissance des mots. En se focalisant sur le « songwriting », le chanteur a mis de côté vocaux incompréhensibles et machines trop expérimentales, quitte à les ressortir pour son groupe.

Et même si, ça et là, l’orientation vaguement rock de morceaux tels que "And It Rained All Night" et "Harrowdown Hill" rappelle les hauts faits du quintet d’Oxford, les parallèles s’arrêtent là. The Eraser est un album en marge de Radiohead. Touchant de sincérité, personnel au point d’en être presque égoïste, The Eraser est avant tout l’exutoire silencieux des névroses d’un homme fragile…

 

The Eraser, Thom Yorke, XL Recordings, 15,55 €.

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