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Radiohead justifie son statut de Star


Compte rendu

Radiohead justifie son statut de star

LE MONDE | 28.08.06 | 16h10  •  Mis à jour le 28.08.06 | 16h10

Thom Yorke, le chanteur du groupe britannique Radiohead, lors d’un concert au festival Rock en Seine à Saint-Cloud, le 26 août 2006.

AFP/STÉPHANE DE SAKUTIN

Comment expliquer la communion, la connivence partagée entre 30 000 spectateurs et quelques musiciens sur scène ? Vendredi 25 et samedi 26 août, au festival Rock en Seine qui se tenait dans le Domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), Radiohead, Beck, et les Raconteurs ont justifié leur statut de star de la plus éclatante des façons. Et fourni quelques éléments de réponse.

 

Bien sûr, il y a l’attente. Celle des fans de Radiohead par exemple qui avaient acheté leur billet dès l’annonce de leur venue. La soirée de samedi affichait complet (30 000 spectateurs) depuis juillet.

Arrivés dès 14 heures, les spectateurs se sédimentaient, au fil du temps, sur le devant de la grande scène, avant d’attaquer les coteaux, autre point de vue de choix. En dépit d’une musique plutôt difficile d’accès, d’un penchant pour les expériences électroniques neurasthéniques, le groupe britannique emmené par le chanteur Thom Yorke est capable de fédérer un public d’une rare diversité.

Grâce à un son puissant, enveloppant, évident : démarrage pied au plancher, toute guitare dehors, rythmique foisonnante. Le concert n’a laissé aucune chance aux sceptiques, inquiets de possibles dérapages plaintifs d’un chanteur à la personnalité complexe.

La veille, vendredi, Jack White et ses Raconteurs (Le Monde du 24 août) s’étaient imposés de la même façon, dès les premières secondes. Un rif de guitare acéré, une énergie ébouriffante domptée par une formation soudée que Jack White se refusait à dominer, sans s’effacer toutefois. Des compositions aux airs de classiques instantanés, des reprises débordantes d’invention : It Ain’t Easy, blues de Ron Davis popularisé par Bowie sur l’album Ziggy Stardust ; mais surtout Bang Bang de Cher. En bref, une claque.

L’INVENTIVITÉ DE BECK

Programmé avant Radiohead, Beck ne pouvait abattre les mêmes cartes. Il lui restait l’inventivité. Il en a fait bon usage, comme sur ses disques à l’écriture soignée. Sur scène, c’est la smala.

Des invités qui débordent des coulisses, des musiciens dans le désordre, un danseur énervé et Beck l’air de rien. Guero, son dernier album est nonchalant, plein d’idées. Au fond, un théâtre de marionnettes à l’effigie du groupe, retransmis sur grand écran. On n’avait pas ri à un concert depuis longtemps.

Il faut dire que la petite troupe de bonshommes de bois a profité de l’après-midi pour s’offrir une virée à Paris. L’occasion d’un court-métrage hilarant sur les clichés de la vie de tournée, ou l’on découvre des marionnettes en goguette s’écrasant les canettes de bières sur le front, avant d’attaquer l’ascension de la tour Eiffel.

Clou du film, le saccage en règle de la loge de Radiohead par des marionnettes ivres de houblon dans la pure tradition rock’n’roll. A ce niveau de réussite, on peut parler d’un grand cru. Le festival a attiré 57 000 personnes en deux jours. 11 000 de plus qu’en 2005.

 
Odile de Plas
Article paru dans l’édition du 29.08.06

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