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Radiohead est-il intouchable ?

Je vous propose la lecture d’un article de Julien Coquet vraiment intéressant, parce qu’il laisse vraiment à réfléchir les fans que nous sommes [sur le site des inrocks->http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/radiohead-est-il-intouchable/]:

Je vous invite d’ailleurs, si vous avez des réponses à apporter à ce point de vue, à réagir directement [sur le site des inrocks->http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/radiohead-est-il-intouchable/], avec autant de courage et d’honnêteté que l’auteur.

merci à [cmilheres->http://www.radiohead.fr/_cmilheres_] d’avoir attiré notre attention sur l’article, et comme lui je me pose cette question “serions nous cette armée de fans?”

“{
[*Radiohead est-il intouchable ?*]

{ {{Une lettre de travers et les commentaires acrimonieux pleuvent : soutenu par une armée de fans zélés, Radiohead semble de plus en plus intouchable. Peut-on alors, en 2009, critiquer les Anglais ? Analyse.}} }

A moins que vous n’ayez vécu sous la censure ces 20 dernières années, vous devriez savoir, à peu près, qui est Radiohead. Un groupe magistral, aux albums maintes fois portés aux nues par des critiques élogieuses, et qui n’a cessé au fil du temps de consolider une aura quasi-universelle, que presque aucun autre groupe du moment ne peut se targuer d’avoir effleuré. Ils sont incontournables et ont tout pour plaire -ou presque.
Une question se pose alors, notamment en lisant les commentaires ici-même dès que le nom du groupe est cité : est-il encore possible de remettre en question le mastodonte Indé qu’est devenu Radiohead ? Difficile à dire.

Thom Yorke et les siens sont uniques. Insaisissables. Virevoltant au point que parfois ça en devient agaçant pour certains. Les sentiers battus ? Ils les aperçoivent seulement à l’horizon lorsqu’ils bifurquent aux alentours, toujours pour mieux filer droit au but. Ils contournent. Parfois pour éviter, parfois pour se faire suivre à la trace, au fumet. La finalité est la même : séduire. Leur guitariste O’Brian déclarait à la sortie d’OK Computer : “on en avait marre de ces grosses guitares, de ces pédales de distorsion. La seule motivation pour rester attaché à ce son aurait été d’ordre financier : on aurait alors vendu 10 millions de disques au lieu de 4. Et alors ? Nous vivons tous très confortablement, nous n’avons pas besoin de plus. Ca aurait été une trahison de nos idéaux, de nos fans.”
Idéaliste, Radiohead ? Possible. Mais au vu de leurs incessantes éruptions médiatiques, on peut s’imaginer que les idéaux d’hier s’accompagnent aujourd’hui d’une mécanique tentaculaire et bien huilée, la position de Radiohead ressemblant à celle d’un shérif indie tenant à distance les méchants journalistes Dalton et l’arrogant Major Rantanplan -EMI, décidément toujours à la masse, celui-là.

Car oui, Radiohead est indépendant. Des majors, des critiques. Pas des fans, érigés en fer de lance du collectif. Pas besoin d’EMI, qui affirme que le groupe serait parti parce que 3 millions n’étaient pas suffisants pour le prochain album (propos vilipendés par un “it fucking pisses me off” de Thom Yorke sur son blog). Au final, la maison de disques se mord les doigts de leur départ, et ressort, penaude et un peu plus pauvre, un coffret vinyle l’été dernier.
Radiohead fait le buzz, et l’argent du buzz. Depuis que The Bends s’est fait dessouder à tort à sa sortie, on les savait en froid avec la critique. Mais pour la conférence de presse de l’avant tournée d’été 2008, fini le vilain flacon “Presse : ne pas avaler”, cette fois-ci les Dalton/journalistes viendront en vélo… ou pas du tout. Et ils auront intérêt à pédaler vite s’ils veulent obtenir l’une des 50 invitations pour entrer : premiers arrivés, premiers servis. Seulement 15 seront présents le 5 juin…

Peu importe, finalement. Un seul mot d’ordre, être “gratuit” (la parfaite promo du moment), indé et écolo (bon ok, trois) : c’est ça la formule buzz de Radiohead. Distribuer des tracts du style “Sauvez la planète, plantez un arbre” aux concerts (49,90 € la place pour Bercy 2008, soit plus cher que U2 à l’O2 Arena), demander aux fans de prendre les transports en commun ou de faire du co-voiturage pour s’y rendre, privilégier un éclairage feutré pour alléger la consommation d’électricité, faire venir leur matériel par bateau pour limiter les émissions polluantes, et au passage se tailler une solide réputation de bienfaiteur de l’humanité. Un buzz qui passe aussi (surtout ?) par internet, à travers un solipsisme forcené du groupe, par extension de celui de Yorke, clé de voûte de leur succès. Radiohead et le web, une histoire d’amour qui dure depuis la création du site en 1997. Enivrante symbiose geek entre l’homme et son réseau virtuel. Un roman Harlequin next-gen, en somme.

La formule Radiohead, c’est aussi la liberté de choisir en 2007 si on veut payer l’album In Rainbows… ou pas. Altruisme éclairé ou racolage insidieux ? On s’interroge. Sus à la musique à prix fixe, nous dit-on. Radiohead dénonce, un brûlot dans la mare, une révolution. Mais Radiohead n’a pas hésité à faire payer à ses fans 0,99 € pour chacune des 5 pistes de Nude, indispensables pour participer au concours de remix du titre. On se souvient également que les fans se sont arraché In Rainbows à sa sortie en magasin, qu’il s’était alors classé n°1 des ventes -et que le risque financier avait dès le départ été calculé et surveillé au plus juste par l’éditeur de l’album.
Nine Inch Nails, indépendants eux-aussi, avaient alpagué le mode de distribution digital de l’album, l’assimilant à de la propagande facile… avant de céder aux mêmes sirènes que leurs aînés. Le texte à propos de The Slip, le dernier album de NIN, laisse peu d’équivoque sur la finalité de leur démarche : “we encourage you to remix it, share it with your friends, post it on your blog, play it on your podcast, give it to strangers, etc” (“nous vous encourageons à le remixer, à le partager avec vos amis, à le publier sur votre blog, à le jouer dans votre podcast, à l’offrir à des étrangers, etc.”) , sans oublier d’annoncer qu’une version CD est prévue pour juillet 2009. La même stratégie qui évite le marketing direct, mais est à peu près aussi subtile qu’un rhinocéros dans un jeu de quilles.
Et puis il y a Robert Smith, un peu dépité, qui a récemment dénoncé sur son blog le statut d’intouchable de Radiohead et critiqué le principe de la musique à prix choisi –selon lui, c’est nier la valeur même de l’œuvre. Une critique dans une mer d’huile, la pointe d’un micro-iceberg ; pas de quoi faire vaciller le navire de Thom et sa clique.

Depuis ses débuts, Radiohead est petit à petit devenu le pilier indie que l’on connaît, gagnant certainement plus que s’ils étaient restés chez EMI. Un peu comme un guide spirituel. La voie de la raison. A l’heure ou le système logiciel ultime pour groupes indépendants Bandize pointe le bout de son nez (lire ici), et que la réunion de 140 artistes britanniques au sein de la Featured Artists Coalition alimente la controverse à propos du téléchargement gratuit, la musique indépendante a plus que jamais le vent en poupe, Radiohead en tête.
On se dit alors que la gentille blague aux flacons n’est rien comparée à l’ire des fans qui pourrait s’abattre aujourd’hui sur ses éventuels détracteurs. Dissidents de tous bords, prenez garde : le shérif tire plus vite que son ombre, il a plus d’une balle dans son barillet pour vous faire danser, et dispose d’une sacrée armée d’adjoints.}”

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