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Mais il parle!

Rolling Stone a l’exclusivité des confidences de Thom Yorke : après l’interview d’avril dernier au début de la tournée, voici maintenant que ressurgit une conversation avec David Fricke qui a eu lieu à New York en septembre 2012, au moment de la prestation avec Nigel Godrich au MoMa. Le journal sort opportunément cette interview deux jours après que XL Recordings a laissé volontairement échapper une date de sortie, un titre pour l’album et la tracklist ! Voilà qui promet une promotion d’Amok soignée aux petits oignons.

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Q&A : Thom Yorke parle de l’album « mécanique » d’Atoms for Peace

En un après-midi de septembre étrangement doux, TY, chanteur et guitariste de RH, était assis à une table dans sa chambre d’hôtel à New York, jouissant d’une vue agréable sur le lower Manhattan à travers le patio adjacent et s’entretenait du premier album du groupe lié à ses projets solos, album finalement terminé après une longue gestation. Intitulé AMOK, l’album, comprenant 9 chansons, est annoncé pour le 28 janvier. Récemment, Yorke a sorti « Default », l’une de ces chansons, comme teaser et single en ligne.

 
C’était un jour de relâche pour lui pendant ses concerts donnés cette année avec Radiohead. Ses cheveux étaient tirés dans un catogan assez en désordre et il portait une barbe d’un blond-sable. Pendant l’heure que nous avons passée autour d’un café à discuter, deux autres membres d’AforP se joignirent à nous : le batteur Joey Waronker et le co-producteur Nigel Godrich, également producteur de Radiohead. Les deux manquants, Flea et le percussionniste Mauro Refosco, étaient en tournée en Europe avec RHCP.
 
L’album qu’ils ont fait tous ensemble est né après les 8 concerts donnés par AfP en Amérique du Nord au printemps 2010. Le groupe, formé par Yorke pour jouer live les chansons de son album solo électronique de 2006 « The Eraser », était si bon en répétition que Yorke trouva le moyen de passer 3 jours en studio à enregistrer, après le dernier concert. Les rythmes et les gimmicks qui sortirent de ces sessions de jamming furent ensuite développés, édités et pendant les deux années qui suivirent, malaxés avec d’autres compositions que Y et G réalisaient sur leur portables. Le résultat dit Godrich « ne ressemble à rien de ce que nous avions fait auparavant, à cause de ce qui l’a généré. C’était comme une idée prise à l’envers et aussi un pas dans l’inconnu. »
 
Yorke ajoute : « l’une des choses qui nous a le plus excitée c’était de réaliser un album où on ne sait plus où l’humain commence et où la machine disparaît. »
 
 Voilà comment ils en sont arrivés là, selon Yorke.
 
Q : vous étiez venu faire des répétitions avant la tournée, aux studios Electric Ladyland à New York, pour apprendre à jouer live de The Eraser. Cela a dû être une expérience plus forte encore alors.
Yorke : il y a eu une chouette dynamique entre nous – un bon feeling. Ce qu’il y a d’amusant, c’est que la musique que je fais sur mon portable est anguleuse. Quand vous faites jouer ça par des gens, c’est plutôt bizarre. La plupart du temps, d’un point de vue technique, ils peuvent le jouer.Mais quelquefois on était obligé d’utiliser des sons électroniques parce que c’était plus cassant, plus excitant.
 
Q : qu’est-ce que vous aviez de prêt comme matériel quand vous êtes entrés en studio à Los Angeles ?
Y : on n’avait rien.
 
Q : et vous êtes sortis avec quoi ?
Y : une p… de montagnes de trucs (il rit). C’était fou. On devait y aller à midi et on travaillait bien jusqu’à 22h. On jouait tout le temps. C’était dingue. On arrêtait pour changer de rythme. Joey et Mauro notaient les rythmes comme ils pouvaient et on repartait pour une heure.
 
Q : quel était votre rôle au milieu de techniciens avertis comme Flea ?
Y : en fait diriger. Nigel et moi, on était comme ça : « C’est bon ! C’est bon ça ! » (rire). On essayait de capter des grooves intéressants. Quand on a commencé ensemble, c’était chez Flea. On s’est bituré, on a joué au billard et on a écouté Fela Kuti toute la nuit. Y avait cette idée de la transe. Mais il y a quand même des chansons là-dedans.
 
Q : comment décidez-vous de la place des sons live ou programmés quand vous construisez ces chansons ? Vous pouvez donner un exemple ?
Y : « Default », ça a commencé par une erreur sur un sampler dans mon studio (il fait une bruit de tapotements télégraphiques). Je l’avais mal arrangé. Et ça m’a donné un ton, quand j’ai mis ça sur une mélodie, j’ai trouvé que c’était bien. Ca m’était arrivé quand Nigel et moi faisions the Eraser.
Mais là, à un moment, Nigel a dit, « il me faut plus de trucs. Qu’est-ce que tu as ? ». J’ai pensé « je vais essayer çà. ». Et on s’est mis à jouer ça avec le groupe. J’ai demandé à Flea s’il pouvait fixer ça par écrit. C’était terriblement compliqué, tout était dans une drôle de tempo. Mais ils ont pu le jouer physiquement en entier. Mais en fait ça ne sonne pas aussi serré qu’une machine. C’est l’un de ces trucs, si on arrive à le jouer en live, ça sera complètement dingue.
 
Q : Comment la musique détermine-t-elle la direction que prennent vos paroles dans des chansons comme « Reverse Running » et « Judge, Jury and Executioner » ?
Y : « J, J and E », c’était marrant parce que le rythme est très bizarre. La phrase a juste jaiili quand je jouais la chanson à la guitare. C’était comme une clé qui a ouvert une porte sur tout le reste qui s’est alors déversé, alors que je désespérais de m’en sortir.
« J, J and E », c’est une chanson plutôt de colère. « Reverse Running » possède aussi cet étrange désespoir. C’est un truc envahissant plutôt qu’une histoire. J’aimerais bien raconter des histoires. Mais je ne sais pas le faire.
 
Q : Est-ce que vous allez tourner avec AforP après la sortie de l’album ?
Y : J’espère bien. On le veut tous.
 
Q : Ironiquement, à cause du mélange entre électronique et live, vous allez être obligés de réapprendre tous les morceaux avec le groupe.
Y : (il rit) c’est foutu ! je vais sans arrêt être en train de dire « Hum, ça c’est trop humain. Est-ce qu’on pourrait pas le rendre plus mécanique ? ». Mais bien que j’essaie de résister à la tentation, je veux vraiment dire « c’est le début de quelque chose ».
Et c’est le résultat après 3 jours en studio. Misère, si on avait eu une semaine !
 
A la fin de la conversation, une fois que Godrich et Waronker se sont assis avec leur café, le sujet est revenu sur le songwriting de l’album. « Ce sont vraiment des chansons » dit Godrich des 9 morceaux, qui incluent « Before Your Very Eyes » à la dynamique fluide toute africaine, « Dropped », inquiétante et explosive, et « Stuck Together Pieces », à la mélopée funky et cliquetante.
« Mais il faut aussi donner aux gens de quoi bouger » continue Godriche. « Et c’est la bataille éternelle avec Thom. Il est là : « Je veux vraiment faire un album de danse Mais il faut que je chante dessus sinon personne ne s’y intéressera. » Yorke, assis en face de Godrich, hurle de rire.
Godrich dit de l’album d’Afor P : « ça, c’est son compromis. »

« Mais les meilleurs morceaux sur lesquels je danse ont toujours au moins une bonne idée de voix. » insiste Yorke. « un bon morceau sans voix ça n’existe pas.”

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