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L’enregistrement de LP8 en janvier: ça se confirme

Interview d'Ed O'Brien dans le dernier numéro de Rolling Stone, traduction de l'essentiel (= LP8 nom d'un chien :P)

Q: Vous vous sentez plus ou moins forts que dans les années 2000?

Ed O'Brien: (…) pour ce qui est du groupe, on se sent bien plus assurés en ce qui concerne notre art, ce que nous faisons. On a répété les 4 dernières semaines pour ce nouvel album. Et on est vraiment ailleurs, quelque part de vraiment nouveau. Je ne sais pas si c'est pertinent mais je parlais de ça avec Philip il y a 3 jours. On se disait "qu'est-ce qui est différent?" et une différence importante c'est que nous faisons les choses sans peur maintenant. Pas mal de ce que nou ssommes –  notre éducation,  notre milieu- se manifestait sous la forme de la peur. J'aime bien le titre de l'album des Talking Heads, Fear of Music. Beaucoup de choses viennent de là. Et dans un sens, je ne pense pas que ça ait été si négatif. Cela nous a permis de rester les pieds sur terre. Cela nous a obligés à chercher d'autres domaines d'un point de vue artistique.

Le problème c'est que, quand on vieillit, la peur n'est plus une aussi grande source de motivation. Si tu as peur, tu ne peux pas te détendre. In Rainbows marque le pas pour ça: la manière dont l'album sonne va à l'encontre des deux ans de gestation. C'était le temps de la peur. Mais l'album a complètement tourné le dos à ça. Et les concerts après témoignent d'une autre façon d'être. Nous essayons maintenant de faire  de l'art sans peur. On se détend. Il y a plus de joie dans ce que nous faisons.

Q.: Comment a évolué Thom Yorke dans cette décennie? Beaucoup des changements dans le groupe ont été la conséquence de son impatience et de son dégoût pour le star-system traditionnel du rock.

Ed O'Brien: Je crois qu'il se sent tellememnt plus sûr de lui maintenant. Ce n'est pas un artiste éthéré. Il sait très bien qu'il y a un côté très pragmatique dans la vie d'un artiste. Et surtout, il est moins en colère. Les paroles qu'il écrit viennent de son âme. Il travaille beaucoup l'écriture. Mais il cherche surtout à évoquer des émotions. Et il est bon pour ça. Ce qui était différent pour In Rainbows c'est que cela venait du coeur. C'est plus chaleureux. Et d'après ce que je peux conclure des répétitions récentes, il y a encore des éléments de ça maintenant. Il cherche une voie pour ses paroles en ce moment. Mais c'est le début seulement.

Et ce qui est super à propos de Thom c'est qu'il sent les trucs nuls à 100 mètres. Il peut le sentir pour les autres comme pour lui-même. Il est d'ailleurs certainement plus dur pour lui-même que pour les autres. Il sent tout de suite s'il sort quelque chose quii ne va pas et a besoin d'être changé. Et ça veut dire se remettre au travail- comme quand on est passé de OK Computer à Kid A. A cette période, c'est vraiment lui qui nous conduisait: "Je ne suis pas sûr du but mais c'est ce que j'entends et c'est là où je pense qu'on doit tous aller." Il ne s'inquiète pas de savoir si ça risque de tarir. Il comprend très bien qu'il y a des moments où les paroles, ça ne vient pas. Mais du moment que vous continuez à être honnête avec vous-même, avec les personnes qui vous entourent, avec votre public, si vous faites bien tout ça, ça peut demander un peu plus de temps mais ça finit toujours par venir.

Q.: le nouveau titre que vous avez sorti gratuitement en ligne, "These Are My Twisted Words", fait l'effet d'une bonne blague.

Ed 0'Brien: Je suis un éternel optimiste, mais je crois vraiment que nous sommes sur le point de faire  un grand saut pour ce prochain album. C'est ce que nous savons tous, c'est ce que nous sentons vraiment au fond de nous pendant les répétitions -on est sur quelque chose de grand là. On est définitivement en route pour un nouveau voyage. Et c'est excitant.

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