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“jamais plus deux ans entre deux albums”!

Un énorrrrrrme merci à Fredeke qui nous a envoyé l’interview en la retapant!!!!

Dans le télémoustique de cette semaine, on peut lire une interview de Colin et Jonny, dont voici quelques extraits (je ne pense pas qu’on puisse acheter ce magazine belge en France…).

petit blabla d’intro…
ça commence par un commentaire de jonny :

Jonny : Ce n’est pas parce que vous avez écrit hier de belles chansons que vous en êtes encore capable aujourd’hui. La sortie de cet album est avant tout un soulagement car la route a été longue. Le stress que nous nous sommes imposé était énorme. On travaille sur la plupart des morceaux de l’album depuis plusieurs années. Lorsque Thom arrive avec une chanson et qu’il nous la joue seul à la guitare ou au piano, c’est déjà magnifique. Notre boulot en tant que groupe c’est d’arranger sans détruire, sans faire perdre la beauté initiale de ces titres. Personnellement, je sors de ce disque avec l’impression d’avoir fait partie d’un groupe où chacun est à sa place et content d’y être.

q:Pourquoi ces chansons fonctionnent elles déjà si bien lorsque thom les interprete seul ?

Colin : parce qu’il a le mojo. Lorsqu’il vous regarde dans les yeux et qu’il joue, c’est vrai. Il ne prétend pas, il ne triche pas, il se donne entièrement. c’est pour cette raison qu’il nous arrive de bosser sur une chanson durant 5 ou 6 semaines. Il nous faut du temps pour trouver l’équilibre.

q : ça fait quoi d’être l’un des plus grands groupes du monde ?

Colin : C’est probablement comme être dans le plus petit. Bien sûr, après il y a les questions de tournées et de business, mais lorsqu’on écrit, il n’y a aucune différence. C’est fait de doutes, de trouvailles, de désespoir et d’immenses joies. Exactement comme tout autre groupe. Cela dit, il faut revenir à l’essentiel. Faire de la musique, c’est communiquer. L’idée derrière la musique, c’est de crier au monde que vous êtes excité par ce que vous faites, que vous aimez vous exprimer et que votre contribution est utile.

q : le titre fait référence à l’arc-en-ciel et la pochette est colorée. D’où vient l’idée ?

Johnny : Ce sont en fait des couleurs purement chimiques qui n’existent pas dans la nature. La volonté de Stanley Donwood, qui a réalisé la pochette, était de montrer le beau dans le laid et vice versa. ce sont de fausses couleurs. de loin, les choses ont l’air souvent très belles, mais lorsqu’on s’en approche, on réalise que la réalité est différente. C’est l’idée de la tache d’huile dans la rigole. le mélange de couleurs est assez beau, mais il s’agit en fait de pollution.

q : Sur son album solo, Thom chantait harrowdown hill, un hommage à david kelly, ce scientifique anglais retrouvé suicidé après ses déclarations sur la façon dont le gouvernement Blair aurait exagéré la menace irakienne. Radiohead aurait-il pu signer cette chanson ?

Jonny : Non, jamais. Ce qui me plait particulièrement dans notre musique, c’est son ambiguïté. En solo, Thom a écrit en détaillant les choses, en les précisant, ce qui est l’opposé de sa démarche dans Radiohead que je compare plutôt à une immense tapisserie. Le sens de ce groupe c’est d’être un tout et de plaire aux 5 musiciens qui le composent. J’ai été ému de découvrir au fil des enregistrements le contenu de chaque chanson, de voir apparaître jour après jour un thème très humaniste. « Nous sommes séparés comme les ondulations sur une plage vide ». Voilà un phrase (tirée de Reckoner) qui résume le disque à merveille. La rupture et la dépendance, cette façon que nous avons de vivre ensemble sans faire attention à l’autre, dont nous voulons nous rapprocher sans pouvoir le faire.

q : Thom dit ne pas avoir payé pour télécharger l’album. Les rumeurs annoncent un million de téléchargements et un don moyen de 4€. Qu’en est-il exactement ?
C : On ne connaît pas les chiffres exacts. Ce que je sais, c’est que les premiers jours de mise en ligne, 70% des gens n’ont pas payé et que, doucement, la tendance s’est inversée. On ne peut pas vraiment en dire plus. Le plus important était de permettre aux gens d’écouter le disque aussitôt fini, presque en même temps que nous. Ne pas attendre 3 ou 4 mois que le label arrange sa promo. 

J : Je me rappelle précisément du matin du 10 octobre. J’ai appelé Thom le matin très tôt, excité comme une puce. Il ne restait qu’une heure à attendre. J’ai pris le petit déjeuné avec ma famille et soudain, le disque est arrivé dans ma boite mail. C’était l’aboutissement de 3 ans de travail. A partir de là, un nouveau chapitre était clôturé. Ce matin là et la nuit qui l’a précédé, j’ai eu l’impression de vivre la même excitation qu’avant un concert.

q : Que retenez vous de cette expérience ?
C : Qu’une relation est avant tout une affaire de confiance. On a appris que si vous traitez les gens comme des êtres humains et non comme des voleurs, des pirates ou des criminels, alors ils vous suivront dans votre démarche. Le public a senti que nous lui faisions confiance et, en échange, il nous a suivi. Je crois que la bonne musique finit toujours par trouver son public. Par contre, si le disque est mauvais, la sentence sera définitive et sans appel. Aujourd’hui, tout fonctionne avec la loi du single. Une chanson passe en radio et l’on fait croire que tout l’album est du même cru. Ce qui est totalement faux. Nous ne voulons plus tomber dans cette mécanique. On a lancé cette expérience parce qu’on avait un bon disque en main. Sans cela, nous n’aurions jamais osé.

q : Vous êtes un groupe de paradoxes ?
C : Nous posons des choix dans un monde compliqué. La pop est notre langage. Dans des chansons comme reckoner ou arpeggi, nous osons pousser les choses. On travaille sur le rythme, la rupture, ce sentiment de grandeur et décadence, de montée en puissance et de chute tragique. Pour ce qui est des grands festivals, j’aime y jouer m^ème si je sais que les fans aimeraient nous voir dans des petites salles. Le fait est que certains dans le groupe ne sont pas prêts à partir un an et veulent passer plus de temps chez eux. C’est une des équations avec lesquelles nous devons composer. Avec Radiohead, nous devons nous organiser pour faire plaisir à beaucoup de gens en peu de temps.

q : Où trouvez-vous de nouvelles raisons d’écrire ou de reprendre la route ?
J : c’est notre vie. A travers les disques, les interviews ou les concerts, on cherche avant tout à s’ouvrir au monde, à échanger des choses. Nous sommes reconnaissants de l’intérêt que le public nous porte. Il ne faut pas croire que nous sommes désincarnés. Nous sommes très attentifs et réceptifs à l’amour que les gens nous envoient. Nous en avons besoin comme tous les êtres humains. Le but de notre vie n’est pas de vendre des disques, mais bien de savourer ce qui vient juste après la musique. Les rencontres, les paysages.

C : C’est pour cette raison que les sorties vont se rapprocher. Nous sortirons des morceaux ou des mini-albums, mais nous ne voulons jamais plus revivre cette frustration de l’attente. Il n’y aura jamais plus 2 ans entre 2 disques. Jamais plus. C’est un enfer de pressions, de questions et c’est finalement assez stérile. La musique se fait dans l’échange et pas dans un studio à 5 à se poser des milliards de questions pendant 2 ans.

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