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Interview mexicaine

Thom Yorke a répondu, apparemment par mail, aux questions d’un journaliste mexicain, pour Mas Conozca Magazine (no conozco ce magazine!).
Trad.:

{{Vous vous souvenez de votre première visite à Mexico?}}

Je reconnais que ça fait partie des cadeaux que nous a donnés « Creep ». Pour dire vrai, tout ce qui est arrivé après Pablo Honey était une surprise complète vous savez ? Un mélange d’anxiété et de peur. C’était étrange, la première fois qu’on jouait si loin de chez nous. C’était les débuts d’Internet mais une tonne de gens savaient déjà qui on était.

{{Comment définiriez-vous l’origine de votre son?}}

Eh bien, c’est dans l’imperfection et l’incertitude qu’on trouve des idées qui ne semblent pas intéressantes seulement pour vous mais aussi pour les autres. Et disons dans la reconfiguration des sons..

{{Ce n’est pas facile de rester ensemble dans un groupe pendant si longtemps.}}

On a retenu les bases pour rester ensemble : comment partager des idées, faire des répétitions juste ce qui est nécessaire, passer du temps avec nos familles et passer du bon temps quand on est en tournée.

{{Il y a quelque temps vous avez aidé des fans à distribuer l’un de vos concerts…}}

Cela fait partie du développement de la créativité grâce à la communauté. Faire de son mieux et le mettre en perspective. Cette expérience a réussi grâce aux fans, simplement parce qu’ils se sont rencontrés et qu’ils ont cru en quelque chose.

{{Qui citeriez-vous parmi vos plus grandes sources d’inspiration, musicalement?}}

Je pense à deux essentiellement. L’une est liée au rationnel, à la réflexion personnelle, la manière dont la pensée et l’information se développent autour de soi, comment cela réagit en soi et suit ce qui se passe dans le monde. L’autre, c’est simplement d’être un artiste. C’est à dire que ce qui résulte de cette inspiration se fait dans un style dont l’esthétique est le facteur clé. L’inspiration, pour le meilleur ou pour le pire, c’est votre environnement, et le pouvoir que cela exerce en se manifestant dans tout ce que vous faites dans le sillage de l’art.

{{A quels autres musiciens vous êtes-vous intéressé récemment?}}

Vous pouvez trouver la réponse dans le disque de remixes, TKOL 1234567. A part ça, Kraftwerk n’a jamais cessé de m’étonner. Des groupes comme Liars et Low possèdent quelque chose qui me fascine complètement.Je me reconnais surtout dans des groupes dont l’écoute demande une concentration active.

{{En revenant en arrière, qu’est-ce que vous pensez des débuts de Radiohead ?}}

On a commencé, comme plein de jeunes groupes en Angleterre, par vouloir être les nouveaux Beatles. Vous débutez comme ça, avec un enthousiasme d’adolescent, et je suis reconnaissant qu’on ait connu ça à l’apogée de mon arrogance et de mon innocence d’adolescent. Commencer à jouer dans un groupe de rock quand vous êtes ado vous fait grandir plus vite que vous ne l’imaginiez.

{{Comment envisagez-vous les changements dans l’industrie musicale à venir ?}}

Sortir un album avec nos propres deniers nous a montré que lorsque les gens appréciaient, quand ils aimaient le produit qu’on leur donnait, étaient prêts à payer pour l’avoir. Un musicien ne devrait pas seulement vivre grâce aux tournées, on devrait pouvoir vivre aussi de votre travail. Il faudrait qu’il existe un juste contrat pour ça, sans pression ni demandes excessives des labels ou des managers qui étouffent la créativité.

{{Pensez-vous que Radiohead deviendra l’un de ces « groupes de légende » dont on parle pendant des décennies ?}}

Tout ce que je sais c’est que la vie est une œuvre d’art, dans ses échos actuels et futurs. L’industrie musicale vit de la fabrication de ces « légendes » qui ne sont rien d’autre que des trucs pour le marché.

{{Quel est le moment crucial dans votre travail ?}}

Ce que nous avons enregistré est le reflet d’innombrables moments individuels ; cela dit, il y a aussi un élément séquentiel, plus ou moins logique, qui définit chaque album.

{{Qu’est-ce qui vous réjouit le plus dans la vie?}}

Quelque chose à quoi je reviens toujours, ce qui me maintient en mouvement à cette période de ma vie c’est de prendre du recul et réaliser qu’il y a toujours une possibilité de se séparer de tout, partir et vivre seul à la campagne, complètement déconnecté. Quelquefois c’est bon de prendre le temps de se reconnecter avec soi-même au moment où vous avez l’impression que vous commencez à vous perdre.

Por Benjamín Acosta/benjamin@revistacm.net

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