chansons

Fake Plastic Trees

Inspiration pour la chanson : 1993-1994 ?
Travail en studio : début 1994 (studio RAK)
Premier live : 21 février 1994 (Reading)
Nouvelle session de travail : juillet 1994 (The Manor)
mixage provisoire : septembre 1994
Enregistrement des cordes : septembre 1994
Sortie sur single : mai 1995
clip : mai 1995

Cette chanson est l’une des plus marquantes de l’album The bends. C’est un des gros succès de Radiohead, qui continue à la jouer dans la plupart de ses lives… le groupe lui-même en est assez fier, en témoigne le nombre d’éditions de la chanson qu’ils ont pu sortir !

D’après thom la chanson évoque Canary Warf dans l’est de Londres, un quartier en pleine reconstruction au début des années 90, à vocation commerciale… décoré par des plantes en plastiques, d’où le titre. Elle parle surtout de la société de consommation…

La chanson a été reprise (entre autres) par Alanis Morisette, dont le groupe faisait au début de sa carrière les premières parties…mais aussi par plein de (plus ou moins : ) beau monde : David Anderson, Dogstar, KT Tunstall, Marillion, Our Lady Peace, Amanda Palmer, Saez, Duncan Sheik, Show Of Hands, The Virginia Gentlemen.

 

 

en 1994 

C’est fin 1993-début 1994 que l’idée de la chanson a du commencer à germer dans la tête de Thom Yorke. Comme le dira Jonny, cette chanson est l’oeuvre de Thom tout seul, le reste du groupe pour une fois n’a pas participé à sa création. Thom expliquera également que pour une fois, il a suivi son feeling ; il n’a pas, comme il le faisait souvent, utilisé des idées notées sur ses carnets, ou de bonnes phrases auxquelles il a longtemps réfléchi.

Au départ, les paroles lui viennent tout seul et le font rire :

That was not forced at all, it was just recording whatever was going on in my head, really. I mean, I wrote those words and laughed. I thought they were really funny, especially that bit about polystyrene
— Thom Yorke / anecdote racontée par Randall dans « Exit Music, the radiohead story », p. 158-59

Bon, il faut quand même dire (et il l’avouera) qu’il était un peu bourré quand il a pensé à tout ça :

The product of a joke that wasn’t really a joke and a very lonely drunken evening and well, a breakdown of sorts.
— Thom Yorke / Answerphone 1995

Cette façon de travailler rend le travail un peu plus compliqué pour le groupe, qui a du mal à savoir quoi faire de ce début de chanson, qui pourtant les obsède (surtout Thom).

 

Début 1994  

Des premiers enregistrements ont lieu en début d’année, aux studios RAK de Londres, mais selon Ed, ils étaient foireux.

There was one stage at the first session when it sounded like Guns N’ Roses’ ’November Rain.’ It was so pompous and bombastic, just the worst.
— Ed O'Brien / Guitar World, avril 1998

 

  le lundi 21 février 1994 

Le groupe joue la chanson pour la première fois à Reading.

 

 

  en juillet 1994 

Le groupe continue à enregistrer pour « The Bends », cette fois au Studio The Manor près d’Oxford.

John Leckie demande alors à Thom Yorke d’enregistrer une prise de la chanson. Frustré, parce que la journée d’enregistrement avait déjà été longue, Thom a selon ses termes « pété un cable » :

That was one of the worst days for me. I spent the first five or six hours at the studio just throwing a wobbly. I shouted at everyone and then John Leckie sent everybody else away. He sat me down and I did a guide vocal on Fake Plastic Trees.
— John Leckie

Leckie a donc demandé au reste du groupe de sortir, laissant Thom seul, jouer la chanson à la guitare acoustique.

It was very much a breakthrough on the album. The day we recorded that song was a complete nightmare. I had a complete meltdown, so everyone left the studio. It was just me and my acoustic guitar, but there was something chilling hanging around in the air. We’d been there for a month, and that was the first time I felt any connection with what Radiohead’s about.
— Thom Yorke / Denver Post, 12 juin 1995

 

 

  en août 1994 

En août, la chanson n’est pas encore terminée, comme en témoigne la tracklist de cette K7, écrite à la main par Thom lui-même. Les chansons sont celles que le groupe travaille à l’époque. A noter : le « rough » à côté du titre de « fake plastic trees ».

bendstape

 

 

  le jeudi 1er septembre 1994 

Thom Yorke, qui a bien besoin d’une pause, accepte sur les conseils de John Leckie d’aller voir Jeff Buckley en concert, au Garage à Highbury.

Ce concert va beaucoup l’inspirer pour « Fake Plastic Trees », en particulier pour la voix.

He realised that you could sing like he did, in falsetto, without sounding drippy
— Select, septembre 1999

 

 

 en septembre 1994  

La dernière partie du travail est le mixage.

De l’orgue Hammond, la basse, les percus sont ajoutés progressivement sur la voix de Thom.

Une erreur dans le mixage va même être gardée. Alors qu’il copie son travail sur K7, le mixeur Paul Kolderie ne place pas correctement la son distordue de la guitare. Censé se trouver au début du refrain, on le retrouve au milieu du dernier refrain.

Yorke : Paul [Kolderie] missed a cue, so the electric guitars don’t come in at the right place. It was a mistake, but we kept it.
— Guitar World, avril 1998

Le groupe est enfin ravi de la chanson !

… mais ça ne va pas durer, puisque Capitol, le label américain du groupe, qui attend avec impatience un titre qui va connaître aux Etats-Unis le même succès que Creep, et qui a flairé le potentiel de Fake Plastic Trees, va faire remixer la chanson par Bob Clearmountain, sans prévenir le groupe… et Thom, prévenu au dernier moment n’aime pas du tout !

Thom : Last night I was called by the American record company insisting, well almost insisting, that we used a Bob Clearmountain mix of ’Fake Plastic Trees’. I said : ’No way.’ All the ghost-like keyboard sounds and weird strings were completely gutted out of his mix, like he’d gone in with a razor blade and chopped it all up. It was horrible
— Thom Yorke / source inconnue

 

 

 en septembre 1994 

John Leckie a enfin ce dont il a besoin : une belle version acoustique du chant avec de la guitare, il ne restera plus qu’à y ajouter la partie corde, d’autant plus que le lendemain, Caroline Lavelle et Johnny Mathias devaient venir jouer les cordes (violoncelle et violon).

Il se dépèche donc de faire un arrangement et d’écrire la partition pour les cordes, afin de présenter quelque chose de potable aux musiciens.

I said to Jonny, ’We’d better have something for them to play’. So he just sat down there and then and scored it.

Jonny créé alors un arrangement un peu sombre pendant la nuit, à la manière de l’Adagio pour cordes de Barber.

Writing the string parts was my studio highlight, in a megalomaniac kinda way
— Jonny Greenwood / source inconnue

 

 

 en septembre 1994 

Le groupe retourne alors vite en studio, à Abbey Road, mais l’ambiance ne s’arrange pas. Thom est « mentalement un peu dérangé », obsédé par la chanson, très fragile. L’enregistrement s’oriente vers une version plus acoustique.

When we were recording ‘Fake Plastic Trees’, we went to see Jeff Buckley play at The Garage. He just had a Telecaster and a pint of Guinness and it was just fucking amazing. Then we went back to the studio and tried an acoustic version of ‘Fake Plastic Trees’. Thom sat down and played it in three takes, then burst into tears afterwards. And that’s what we used for the record.
— Colin Greenwood Vox, septembre 1997

Ce n’est pas comme du Gun’n’roses que le groupe veut la chanson, plus comme du Phil Spector, alors le reste du groupe met le paquet sur l’enregistrement de l’environnement sonore :

The funny thing is it took bloody months to get everything else on top of it to sound natural. All the bizarre keyboard noises were done at Abbey Road using an old Hammond organ Paul McCartney used on ’Magical Mystery Tour.’ We had it plugged into all the guitar amplifiers, every single effect, all the knobs and switches going. It was deafeningly loud, filling up the whole studio. That song could have easily sounded like Guns N’ Roses. We wanted it to sound like Phil Spector.
— Thom Yorke / Denver Post, 12 juin 1995

 

 le lundi 15 mai 1995 

La promotion est axée sur Fake Plastic Trees, avec deux single. Sur le premier, la version originale.

Comme pochette, le groupe choisit une image pleine de sens : une image de femme tirée d’un soap mexicain, avec le visage caviardé.

 

 

 le lundi 15 mai 1995 

Sur le CD2, une très belle version acoustique de la chanson, jouée par Thom et Jonny au Eve’s Club de Londres en février 1995 :

 

 

 en mai 1995 

Un clip vient redoubler la publicité faite autour de la chanson. La critique de la société que l’on trouve dans les paroles y est exacerbée.

 

 

 le samedi 27 mai 1995 

Le single « Fake Plastic Trees » (Parlophone CDR 6411) atteint cette semaine son meilleur classement des ventes avec la 20e place.

http://www.officialcharts.com/artis…

 

 

 le mercredi 19 juillet 1995 

Le film « clueless », qui donnera par la suite naissance à une série, sort au cinéma. La BO utilise la version acoustique de la chanson. On entend la chanson dans la scène où Cher rentre à la maison et trouve son meilleur ami (et futur petit ami) Josh chez elle. C’est Fake Plastic Trees qui passe à la radio, et elle déclare alors :

« Yuk ! Uh, the maudlin music of the university station, What is it about college and cry-baby music ? »

Pour les plus jeunes d’entre vous, qui n’ont pas eu le plaisir de regarder clueless « dans son jus », voici le générique de la série qui résume bien le ton général :

et ça ne dérange pas Thom que sa chanson se retrouve là :

« It makes perfect sense to me. It’s a song about going shopping ».

Thom :
« Les personnages de ce film sont des personnages en deux dimensions, à la Beverly Hills. cependant le personnage qui écoute Radiohead est le seul personnage en trois dimensions et il correspond bien mieux à notre public…. »

Heureusement que Colin nous éclaire plus :
« je vois là une référence moderne à une forme de littérature ancienne, la poésie de la complainte. C’est une tradition orale par laquelle les paysans pleuraient leurs pertes de l’année. je suis donc content de constater qu’Alicia a de bonnes bases en littérature anglaise. »

 

 

 en octobre 1995 

Alanis Morissette écrit un article à propos de Fake Plastic Trees pour The Independant :

riffs Alanis Morissette on Fake Plastic Trees by Radiohead.

I’m the kind of person who has a different favourite song every week but this week it’s « Fake Plastic Trees » by Radiohead. I was looking through video reels to decide on a director for my first video and I saw their promo for that song. I remember being moved by the video but the song just left me speechless.

As an artist, when I hear songs I can usually tell whether the person who wrote it was spiritually involved with the song, and whether it was stream-of-consciousness or not. And I could really tell that the singer, Thom Yorke, was every bit in the music, the lyric and the moment. Not only when he was writing it, but recording it too.

You can just tell. It’s this intangible, spiritual thing that you get from a song when you hear it. I get it from other artists, too – people like Seal and REM and Jane’s Addiction. You just hear this person singing from this spiritual place. And I know when I hear « Fake Plastic Trees » – it’s like, OK, he was there.

It’s a mood piece but lyrically he delves into his own vulnerability and talks about materialism and fallibility. Just different pieces of emotion, basically the sadness of being human. Musically, the dynamics of it knock you out if nothing else. That part when he goes, « And it wears you out » : that just takes my heart and throws it on the floor. His voice is fragile, but there’s nothing premeditated about the way he performs.

I love it when a song can take me on a voyage, when there’s nothing predictable about it. There was a whole two years when I would rather have written a song than listen to one. Now I’m back into music.
A lire en entier = » http://www.independent.co.uk/arts-e… »

— Alanis Morissette

 

Elle a d’ailleurs repris la chanson quand Radiohead assurait ses première parties en 1995 :

 

 

 le dimanche 26 novembre 2000 

Dépèche AFP : Britney Spears est en pâmoison devant Fake Plastic Trees…

Britney :
That song is just so simply beautiful… it’s a major source of influence [to me]. That whole album… I mean, it’s so different… it’s great. Music that great… it’s just universal. I hope to bring that song to a whole new audience that [Radiohead] have never been able to reach. Because music like that should be shared.

Capitol Records feels this would be a needed promotional boost for Radiohead’s back catalogue. After months of requesting the band to let Spears’ cover the song, the band finally acquiesced. Spears is set to record next month in an unnamed Florida studio with producer Max Martin. Spears’ label, Jive, has not yet agreed to let the cover version appear on Spears’ next album. It instead may appear on the soundtrack to James Toback’s upcoming Sarah Michelle Gellar vehicle, ’Harvard Man’. She also commented on Thom’s unique voice.[/quote]
Britney fan de Radiohead ?
And what do you think about Kid A ? Britney Well, like, I’ve never heard of it. So, I’m suprised that it was nominated [for the Grammys]. (E !, 4 janvier 2001)

 

 

en 2001 
Reprise de la chanson par notre Saez national (on aime ou on déteste…), qui fait la tournée des FNAC (il est encore toute jeune) en 2001 :
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