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Cause toujours…tu m’intéresses!

Le grand silence médiatique du groupe donne d’autant plus d’importance aux propos de Stanley Donwood, dont l’actualité immédiate aux Etats-Unis est une exposition à San Francisco. Mais il n’est pas sûr que ses commentaires éclaircissent vraiment la situation. Voici quelques extraits de l’interview finalement parue dans Pitchfork (c’est la version intégrale de l’aperçu paru dans Creative Review il y a peu) :

 P : Ce concept de « journal » est-il né de la musique ?

 SD (riant) : Je n’ai pas encore entendu l’album…enfin pas posément, pas terminé, pas depuis la période d’enregistrement. J’attends que la maison de disques m’envoie mon vinyle ! Mais quand je l’écoutais pendant qu’ils étaient en train de le faire – parce que je travaille pendant que le groupe réalise la musique – j’ai aimé l’entendre émerger peu à peu. J’écoutais ces souffles, ces rythmes devenir un espace sonore si dense qu’on aurait pu le parcourir. Quand j’écoutais, j’avais cette vision de ces vieilles églises où il y a des immenses voûtes, ces vitraux, et ça m’a conduit à ces arbres en couleurs.

Suivent des observations un peu énigmatiques :

« Toute l’idée de l’album c’était d’avoir quelque chose de presque inexistant, c’est pourquoi on a choisi des vinyles transparents et le format du journal. »

Certains ironiseront à loisir sur ce concept d’album inexistant et dangereusement guetté par la disparition !

Puis vient de quoi alimenter notre sport favori, la spéculation :

« In Rainbows était cette chose lourde, substantielle. Cela exprimait l’état très affirmatif où se trouvait le groupe à ce moment. Là où ils sont aujourd’hui, c’est plutôt une transition. Quand un journal sort, cela n’arrête pas les événements de continuer à arriver, c’est juste un aperçu à un moment de l’actualité. Cet album, comme un journal, montre le moment précis où était Radiohead quand ils ont fait ce disque. La musique est un flux continu. Et nous voulions que l’album représente cela. »

Donwood rappelle ensuite la qualité éphémère du journal et insiste sur le fait qu’un journal n’existe que si on le lit, puis il disparaît : la musique n’existe elle aussi que si on y fait attention, pas si on la stocke sans l’écouter comme les moyens techniques actuels ne le permettent que trop.

Il répète aussi qu’il déteste les CD car, trop petits, ils ne lui permettent pas de s’exprimer. C’est pourquoi il a fait une pochette de CD la plus minimale et laide possible. Toute l’entreprise est marquée par le but de désacraliser la musique : qu’elle soit reçue pour elle-même et pas comme une révélation quasiment biblique. On saisit là une vraie cohérence avec le silence du groupe, le refus d’être de sempiternels sauveurs de la musique, la simplicité revendiquée.

Encore plus subtil, il révèle qu’il a utilisé des polices datant de la Grande Dépression et que les fameux petits carrés sont bien ce que l’on a vu :

 SD : « Ah ! je me demande ce que les gens vont en faire. Récemment est mort Augustus Owsley Stanley III, qui était l’un des plus fameux créateurs de LSD de l’histoire, un Américain très riche. Il avait fait un laboratoire qui produisait un acide de très bonne qualité, pas cher et pur. En théorie, on pourrait les tremper dans quelque chose. On pourrait le faire. Je ne pense pas que cela ait été utilisé comme moyen de marketing…mais notez que je n’encourage pas ce genre de pratiques ! »

Ah oui ? On te croit pas là Stanley : Radiohead serait donc passible en France d’une condamnation pour incitation à l’usage de drogues ! Alors qu’ils étaient connus jusqu’à présent pour interdire toute dérive psychédélique en studio ! On en apprend de belles !

 Source: [http://www.pitchfork.com/news/42377-take-cover-radiohead-ithe-king-of-limbsi/->http://www.pitchfork.com/news/42377-take-cover-radiohead-ithe-king-of-limbsi/] 

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