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Incendies

On vous avait signalé que le film de Denis Villeneuve, adaptation de la pièce de Wajdi Mouawad, présentait la particularité exclusive d’avoir 2 chansons de Radiohead dans sa bande-son (You and Whose Army dans la scène d’ouverture et Like Spinning Plates). Denis Villeneuve s’est expliqué sur ce choix dans une interview que vous pouvez lire là :

[http://www.comingsoon.net/news/movienews.php?id=76455->http://www.comingsoon.net/news/movienews.php?id=76455] 

A côté de la musique originale écrite par Grégoire Hetzel (compositeur français), il avait pensé à RH, dont il est très fan (il connaît toutes leurs chansons par coeur !) dès le premier jour.

« Je cherchais une chanson spéciale qui correspondrait à la tournure dramatique et qui soit envoûtante, hypnotisante en même temps, il y a une sorte de tristesse dans cette chanson et les paroles sont justes parfaites. Pour moi, c’était vraiment la chanson idéale. En fait, ma scène d’ouverture favorite dans un film, c’est celle d’Apocalypse Now avec les Doors et les palmiers, et quand j’écrivais cette scène, je pensais à cette scène d’Apocalypse Now, qui est également une quête d’identité en pleine guerre, et pour moi Incendies c’est un peu… – bon je le dis en me moquant de moi-même- mais mettre un palmier juste comme ça avec Radiohead, c’était mon hommage secret à Coppola. Pour moi, c’était la chanson qui, en 2010, pouvait avoir le même effet que celle des Doors. »

« Cette scène est construite en contrepoint et c’est très important car cela montre au public qu’il va assister à une vision d’occidental sur le Moyen-Orient. Si j’avais mis une musique orientale, cela aurait sonné comme vraisemblable et je ne voulais pas créer cette impression car il fallait être honnête avec le public et dire franchement, »ce que vous allez voir, ce n’est pas la réalité, c’est un point de vue articiel. »

Il explique ensuite qu’il n’était pas envisageable pour lui d’utiliser cette chanson sans l’accord de Radiohead. Il craignait beaucoup de montrer le film car s’ils avaient refusé, il l’aurait immédiatement accepté. C’est donc à eux en premier qu’il a montré le film, alors qu’il n’était pas encore mixé et qu’il était terrifié de le faire, mais c’était la seule solution.

« ’Je ne sais pas exactement qui a vu le film dans le groupe. Quelqu’un m’a dit au téléphone »Thom et les gars ont aimé le film« mais je ne leur ai jamais parlé, je ne les ai jamais rencontrés. C’est juste un immense cadeau pour moi parce que ce sont des artistes qui m’inspirent beaucoup. Ils sont très novateurs et ils essaient toujours de dépasser les limites de leur art, j’ai un grand respect pour Radiohead. »

Et c’est également le premier film pour lequel on a une telle explication de la part du réalisateur.

Toujours dans la rubrique cinéma, La Ballade de l’impossible sort dans les salles françaises le 4 mai et Doghouse, le morceau matrice de la bande originale écrite par Jonny Greenwood, sera jouée aux Etats-Unis en concert le 20 et le 21 mai, à New York. Dans le même programme, il y aura la symphonie écrite par Philip Glass et Brian Eno d’après Heroes de Bowie et le concerto de chambre de Ligeti.
 
 

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les membres du groupe et leur univers

Incendies

Fiche wikipedia du film : http://fr.wikipedia.org/wiki/Incendies_%28film%29

Scène d’ouverture du film. Dans un lieu et un temps encore indéterminé, des enfants se font raser la tête sous l’œil attentif d’hommes armés. Commence alors la chanson « You and whose army ? ». L’un des enfants, on le comprend, aura un rôle-clé dans l’histoire à venir. Un long regard-caméra presque insoutenable termine cette première scène aussi puissante qu’énigmatique.

 

Radiohead a volontiers prêté sa chanson au réalisateur, comme il nous le raconte :

[testimonial author= »Interview de D. Villeneuve, Sundance » cite= »juillet 2011″]Before I forget, I want to bring up Radiohead’s “You and Whose Army,” which is featured in the film several times. I remember watching the opening scene with that song and thinking, “This is what music videos could be like if they aimed for emotional power.” I was so incredibly moved by it.

That first scene is actually the first thing I wrote in the screenplay. “You and Whose Army” has the kind of emotions, melancholy, and a kind of operatic feeling to it that I wanted to capture in that scene. That song was written in the screenplay since day one, and I was always worried that I would never get the rights to it. It’s such a dream to have this song in the movie.

How did you convince Radiohead to give you the rights?

Radiohead told me that it wasn’t about the money; they just had to be sure that it was an appropriate film for the song. I don’t know whom, exactly, but someone from the band saw a rough cut of the film, liked it, and agreed to let me use the song. I don’t know which member or members of the band saw it, but I do know that they said, “Yes.” It was a huge gift. I was waiting by the phone for two weeks waiting to get an answer back from them. It was a beautiful moment when they called.[/quote]

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Aucun commentaire

  1. 20 avril 2011 à 23 h 31 min —

    J’aimerais bien savoir quelles sont ces 2 chansons, et particulièrement celle dont il parle.

  2. 20 avril 2011 à 23 h 57 min —

    - You and Whose Army?
    – Like Spinning Plates
    source : http://www.imdb.com/title/tt1255953/soundtrack

  3. 21 avril 2011 à 0 h 10 min —

    Merci Tyrell.:-)

  4. 21 avril 2011 à 8 h 39 min —

    @babyalligator: désolée, mais je croyais que vous suiviez les news! I’m joking! Mais c’est vrai qu’il faut remonter un peu loin dans les archives! Merci Tyrell d’avoir suppléé!

  5. 21 avril 2011 à 9 h 54 min —

    Au passage, j’en profite pour vous encourager à aller voir ce film renversant… avec ou sans musique de Radiohead dedans, d’ailleurs. Mais il faut reconnaître que l’utilisation qu’il en fait (la première partie de « You and whose army » revenant à intervalles réguliers, toujours pour contre-balancer une violence sèche et brute…).
    La chute du film est tout simplement démente, une métaphore radicale d’un conflit qui ne sera jamais nommé, dans un pays qui ne le sera jamais non plus.
    Enfin, je voulais faire un quizz « radiohead au cinéma », où est-ce que je peux poster ça sur ce site? Est-ce que j’ai le droit aussi?

  6. 21 avril 2011 à 10 h 10 min —

    @Valérie j’avais mis un post dans le forum en date du 17 mars juste après avoir visionné ce film GIGANTESQUE de Denis Villeneuve (oui je m’étais trompée de prénom mea culpa ) et du coup l’article que tu as mis en lien n’a fait que renforcer le respect que j’avais déjà pour lui.

  7. 21 avril 2011 à 10 h 18 min —

    @kid amnesiac: pour le quizz, j’en ai parlé à Marjorie, on va pouvoir le faire je crois.

    Pour le film, je suis moins enthousiaste: je trouve que le contexte mythologique qui baigne la pièce de Mouawad – et qui est sa marque stylistique -, ne passe pas très bien au cinéma car le réalisme rend caricatural ce qui est au départ un schèma tragique se référant à une longue lignée de mises en scène du mythe. Il manque au cinéma une distance que la scène théâtrale rend indispensable quand on s’aventure dans des thèmes aussi forts. Mais j’apprécie le commentaire de Villeneuve qui semble avoir été très conscient justement de ce que cette vision avait d’artificiel: en effet, ce n’est pas la réalité qui est montrée mais une vision revisitée par le mythe, empruntée au mythe et adaptée à un contexte historique particulier. Du coup, je comprends mieux l’intérêt de la musique de Radiohead sur ces images, ce qui m’a semblé tout à fait déplacé lorsque j’ai vu le film, à la limite du gratuit. Oui, ça ne cadre pas, mais c’est bien ce qu’a voulu faire le réalisateur: introduire de la subjectivité dans une image que le spectateur aurait tort de prendre pour documentaire.

  8. 21 avril 2011 à 10 h 21 min —

    @valerie : si, mais je ne savais plus où j’avais mis mon petit calepin dans lequel je sauvegarde tout Radiohead.fr. Une mine d’or que je publierai probablement un jour sous forme de journal de bord.:-)) Mais je viens de penser à faire une recherche, et j’ai eu confirmation de la réponse de Tyrell, encore que les anciennes news ne signalaient que You and whose army ?

  9. 21 avril 2011 à 10 h 39 min —

    @Valérie : un copain – inconditionnel de la pièce – m’a fait à peu près le même commentaire… Je n’ai pas lu la pièce pour ma part, et suis resté accaparé par cette quête d’identité et son issue renversante… Peut-être que le film ne peut pas apporter la distance qu’apporte la pièce, mais il y a quand même une scène – celle « du bus » – où le cinéma reprend ses droits… Il y a un travail sur le son (bidon d’essence, coups de feu, voix qui nous parviennent du dehors alors qu’on est dans le bus avec la protagoniste) notamment assez fort… A quoi ressemble ce passage dans la pièce?
    En fait, c’est aussi un film que j’ai trouvé très juste quand il s’agissait de représenter la violence, sans trop en faire, mais sans en occulter l’horreur… J’ai trouvé ça particulièrement bien traité…
    Par contre, le réalisateur a peut-être un peu « le cul entre deux chaises » quand il dit avoir utiliser Radiohead pour insister sur le fait que « le film n’est pas un documentaire ». Car si cela fonctionne parfaitement dans la scène d’ouverture notamment où – sans même parler de la musique – les plans lêchés et les ralentis sur les mêches de cheveux empêchent toute réalité documentaire, un peu plus loin la jeune femme arrive dans un village et se retrouve à partager thé et repas avec un groupe de femmes. Dans ce passage, on jurerait que les actrices sont toutes non professionnelles, tous les gestes « font vrai », et quiconque a déjà voyagé dans ce coin du monde reconnait y trouve forcément du vêcu… Tout ça pour dire que le film n’embrasse pas complètement la fiction, pas jusqu’au bout en tout cas (contrairement par exemple à « Apocalypse Now » que le réal cite dans l’interview et qui lui est vraiment un trip halluciné sur le Vietnam). Il y a des scènes où il veut faire du documentaire, comme si, pour que l’on puisse croire à cette historie improbable, il fallait donner au spectateur du réalisme avant tout. Bref, je m’embrouille un peu…

  10. 21 avril 2011 à 11 h 39 min —

    Trop d’analyse tue l’analyse … :-/ LOL je ne suis pas allée si loin mais pourquoi pas .

  11. 22 avril 2011 à 4 h 44 min —

    en tout cas ca donne envie.

    @valérie:le quizz,le quizz!!!! les musiques de jonny comptent aussi?(ca met de la difficulté) les nigel goodrich aussi?(ca deviendrait dantesque) ^^

  12. 22 avril 2011 à 4 h 46 min —

    d’ailleurs pour ceux qui ne l’ont pas vu et qui ont un tant soit peu d’affection pour la culture geek le film scott pilgrim vs the world est pour vous et il est bien meilleur que ce a quoi je m’attendais^^

  13. 22 avril 2011 à 4 h 47 min —

    j’anticipe oui la culture geek c’est de la culture pour ceux qui n’en ont pas et ba quand meme 8D niark

  14. 22 avril 2011 à 13 h 07 min —

    Deux pages du journal posté régulièrement sur SLOWLY DOWNWARD par Stanley ont été mises en ligne, http://www.slowlydownward.com/taglib.html . Je ne l’ai pas encore lue donc je ne peut pas vous dire si il y a de nouvelles infos.

  15. 22 avril 2011 à 13 h 19 min —

    « we had produced a large-format 36-page full colour newspaper which was to be presented, along with various other articles with the record The King of Limbs. »
    « avec divers autres articles  » ?? Le Newspaper ne sera pas seul??

  16. 22 avril 2011 à 14 h 43 min —

    @Maxime: Il y’a aussi l’artwork composé de 256 (je crois) petites pièces

  17. 22 avril 2011 à 15 h 21 min —

    @Bloodshed : C’est 625 ;-) . Mais c’est vrai que cette phrase est ambiguë. Il ne reste plus qu’à prendre son mal en patiente.

  18. 21 mars 2012 à 20 h 36 min —

    Tout le monde s’en fout mais bon je voulais participer au sujet vu que j’ai regardé le film hier soir. J’ai bien aimé jusqu’aux dernières minutes… j’ai trouvé ça vraiment lourdingue, tellement « gros ». J’ai pourtant trouvé les acteurs bien, le tout bien dirigé, mais cette fin…. ça m’a tout gaché en fait. Je me dis qu’au théatre, ça doit donner autre chose, ce doit être plus fort. La musique est bien forcément ! et j’ai bien aimé ce décalage justement.

  19. 21 mars 2012 à 21 h 48 min —

    @faniefanette: c’est tout à fait ce que je pense…en plus c’est invraisemblable car depuis le début, l’avocat de la famille sait la vérité et on ne voit pas ni pourquoi ni comment il aurait réussi à cacher une telle horreur aux jumeaux. C’est ce que j’avais exprimé à l’époque: au théâtre, ce genre de personnage, à la fois témoin-choeur, commentateur de l’action, a sa justification (c’est une tragédie grecque qui nous est présentée), mais au cinéma où le vraisemblable est attendu, ça ne passe pas.

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