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Rolling Stone 1: l’interview que le NME n’aura pas!

Des interviews comme s’il en pleuvait : que je me propose de traduire par épisodes, pour ceux qui n’ont pas envie de lire ou d’écouter l’anglais et pour faire patienter entre les résumés de concerts à venir.


Une interview d’Ed 0’Brien pour un journaliste mexicain


http://www.frente.com.mx/2012/04/12…


la réapparition de l’intégralité d’une interview de Thom Yorke donnée en 2008 à la BBC pour une émission sur Neil Young (on en connaissait que les extraits inclus dans ladite émission)


http://www.youtube.com/watch?v=Tdm-…


et un long article dans l’édition de Rolling Stone du mois d’avril. On commence par ça ?


http://www.mediafire.com/view/?tq9y…


Rolling Stone Avril 2012 Radiohead se reconnecte : toujours bizarre mais bien plus drôle


Comment le groupe le plus expérimental a appris à redevenir un groupe de rock, par David Fricke


Thom Yorke entre dans la salle de repos en coulisses de l’American Airlines Arena à Miami, il porte un t-shirt sombre, un slim rouge et arbore un pâle sourire : « Je me sens à la fois tranquillement excité et tranquillement nerveux » dit le leader de RH en se versant une tasse de café. Yorke est arrivé hier soir tard de Grande-Bretagne –il a encore les paupières alourdies par le décalage horaire- et il est attendu sur scène avant le déjeuner pour la répétition finale avant le début de leur plus grande tournée depuis 2008 : 58 concerts en 10 mois à travers l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Asie et l’Australie. Ils commencent demain soir. « Tout, la production, la nouvelle lumière, la setlist, est encore en cours de finalisation » dit-il, « mais ça va finir par commencer. » Peu après, on peut l’entendre se chauffer la voix derrière une porte close, faisant des gammes d’une voix haut perchée et précise, tenant de longs et impeccables aaaaah.


RH ne commencent pas seulement une tournée, ils dévoilent une renaissance. Le groupe est à la fin de l’époque la plus risquée et la plus confuse de sa carrière : presque 3 ans de silence public et de chaos privé pendant laquelle RH a lutté pour leur réinvention et leur futur. Ils ont enregistré certains de leurs plus beaux morceaux sur leur dernier album, the King of Limbs, l’année dernière, mais n’ont pas fait de promotion et sont restés à l’écart, incertains de savoir s’ils étaient encore un groupe de scène. « On en débat encore, admet Yorke, assis dans l’une des loges du groupe. Il évoque les premières répétitions : « J’étais terrifié. Je disais : non, on n’a pas assez de temps, je veux essayer tous ces nouveaux morceaux. » Mais un peu plus tard, lui comme le reste de RH –le bassiste CG, les guitaristes EOB et JG, le jeune frère de Colin, le batteur PS et le nouveau second batteur CD, qui joue avec eux depuis l’an dernier, tous semblaient exubérants et confiants alors qu’ils s’engageaient dans « Bloom », issu de TKOL. Ce qui paraissait sur l’album une énigme glacée faite de loops, une incantation spectrale, est maintenant devenue une eau vive, arrangée par les six hommes comme une furie de rythmes et un mur de guitares. « Morning Mister Magpie » sonne également plus dure et plus rapide que la version de l’album, pendant que « Meeting in the Aisle », un instrumental tiré des sessions d’OKC en 1997, se trouve renouvelé comme de la musique de surf turque sur un rythme de trip-hop.


RH a préparé plus de 75 chansons pour les shows de 2012, incluant des morceaux écrits cet hiver dans leur studio d’Oxford. Le groupe va donner naissance ce soir-là à 2 nouveaux-nés, « Identikit » et « Cut a Hole ». Yorke (43 ans), décrit la première comme « joyeuse, lente mais sur un rythme de hip-hop bancal ». Il est aux anges : « celle-là a gagné sa place de 1re de la classe. » Colin (42 ans), est excité par une autre, « Full stop », surtout la partie « où la voix de Thom part en fausset, la chanson décolle complètement. » Dans une interview précédent ces répétitions, Yorke a porté au crédit de Clive Deamer, du groupe Portishead, le renouveau de RH sur scène : « Avoir un nouveau musicien pour supporter les anciennes chansons était aussi important que d’avoir de nouveaux morceaux. » dit-il. Allongé sur le sofa, sa voix se brise sous le coup de l’excitation : « Petit à petit, on écarte des chansons parce qu’on ne sait les faire que d’une certaine façon. Réinjecter de la vie est une bonne chose. Vous n’avez plus à vous dire « bon, on refait ça ? », ça devient « comment les faire bien maintenant ? » Le meilleur exemple, lors de cette répétition, est le sort de la chanson titre de Kid A. Enregistrée à l’acmé de la détestation par Yorke des conventions du groupe à guitares, « Kid A » était à peine une chanson – un nuage de bruits avec Yorke chantant à travers un vocoder avec une voix d’enfant-robot. Ce soir, elle sonne énorme et métallique, un roulement de deux batteries en discussion l’une avec l’autre, avec une cadence classique jouée au piano par Jonny. : « C’était une contre-chanson, dit EOB le lendemain, devant l’océan à l’hôtel où ils sont logés. Maintenant, c’est plus chaud, surtout à la fin. Soudain, le soleil se lève aussi. Pendant longtemps, dans beaucoup de morceaux du groupe, rien n’avait le droit d’être simplement magnifique. Jonny avait un tel don pour lancer ces entailles à la guitare dans les morceaux. Voilà où on en était, dit Ed. Clive a apporté ça. Est-ce qu’on ne dit pas que tout le monde se conduisait bien mieux quand les Beatles ont introduit Billy Preston ? » dit-il en riant. « Avoir quelqu’un de nouveau apporte de l’énergie. C’est bon. Et ça sort les gens d e leurs habitudes. Vous entendez tout le temps, continue-t-il, ces groupes qui disent « nous sommes dans la meilleure période de notre vie » et ils ne font plus de bonne musique. J’ai du mal à l’avouer, mais ce n’est pas notre meilleure phase. C’est autre chose, et c’est plutôt une bonne période. Ce n’est pas comme si on était un nouveau groupe, ça ressemble plutôt à un groupe qui sait ce qu’il est. »


Yorke n’est pas aussi catégorique, pas encore : « C’est bizarre de ne pas avoir de versions définitives enregistrées » dit-il à propos de ces nouvelles chansons, parce que c’est à ce moment-là qu’on prend des décisions définitives. Répéter de nouveaux trucs, ne pas les avoir enregistrés, avoir un nouveau musicien…, il roule des yeux en feignant la terreur, C’est très fluide. Je ne suis pas très sûr de ce qui se passe »… Jonny (40 ans), assis sur le sofa à côté de Yorke, se souvient du chanteur arrivant à Oxford pour la 1re répétition : « il est entré et a dit tout de suite « j’ai rêvé qu’on avait un mois de plus pour répéter. Ce serait mieux, non ? » « On ne les pas encore jouées devant un public, on ne peut pas savoir si elles sont bonnes » dit Yorke. Il se pourrait qu’on ne le sache pas encore demain. » Il sourit timidement : « peut-être que ça va prendre du temps. »


A suivre..

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