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Radiohead : la presse grince

IL y a comme un climat ambiant très tendu autour de Radiohead dans la presse française ces derniers temps. A l’occasion des dates parisiennes, beaucoup reviennent sur le groupe et ses dernières péripéties. Et les critiques vont bon train.

 

Bilan des courses :

Nous vous le racontions ll y a quelques jours, la branche française de la maison de disque de Radiohead, en cohérence avec la politique écologique du groupe, avait décidé de n’attribuer des places gratuites qu’aux journalistes venant les retirer à vélib…

Le site Rue 89 a fait un très bon bilan des courses : il semblerait qu’une quinzaine seulement de journalistes soient venus à vélo ou à pieds, tandis que d’autres ont protesté dans les médias contre ce procédé… préférant bouder le concert plutôt que de monter sur un vélo, pensant lutter ainsi contre "l’autoritarisme vert". (d’ailleurs, n’hésitez pas à lire les commentaires sur l’article de rue 89, vous verrez que Monsieur Martin de RTL se fait rhabiller pour l’hiver avec sa déclaration de "plutôt ne pas y aller que de se faire dicter sa conduite…").

Quoiqu’il en soit, il est certain que c’était peut-être un peu beaucoup demander de la part de la maison de disque, mais bon, tout petit geste est bon à prendre, il me semble (d’ailleurs moi j’y vais en train…)

La critique qui fusera tout au long de la semaine sera le "semblant de volontarisme" du groupe, beaucoup de journalistes déplorant le fait qu’ils jouent avec des éclairages gourmants et une multitude d’instruments. "A l’instar des Shadoks, il va donc falloir pomper, pomper, et pourquoi pas pédaler à Bercy pour produire l’électricité des petits malins du commerce parallèle comme Radiohead" (source)

L’écologie, ça suffit! :

C’est paradoxalement à propos des efforts écologiques du groupe que les journalistes se fâchent. Et crient au coup marketing.

Le Parisien pense tout haut et avec une pointe d’ironie que "Thom Yorke et ses compères sortent de leur chapeau l’argument écolo. A les entendre, et à les lire dans un joli communiqué officiel, leur tournée mondiale lutte contre les gaz à effet de serre, prend le bateau plutôt que l’avion, utilise des éclairages économes, des matériaux recyclés et invite ses spectateurs à pratiquer le covoiturage pour venir."

La première salve avait été envoyé initialement sur le site de france2 (voir notre article par ici) via un article de Laure Narlian, allant jusqu’à proposer "ne vaudrait-il pas mieux rester chez nous, sans rien écouter, sans allumer l’électricité, sans respirer (ni péter) ?"

Un succés commercial trop beau

Enfin, le dernier point de critique (et le plus récent) se fixe autour de la gestion du groupe, et plus particulièrement l’argent qui gravite autour de leurs actions.

Thom Yorke nous affirmait il y a peu "qu’en termes de revenus générés par internet, on a gagné avec cet album plus d’argent que tous les autres albums réunis. Car on ne touchait que des cacahuètes.  EMI ne nous versait presque pas de droits sur ces ventes on line. Tous les contrats de l’époque ne stipulaient rien sur ces droits nouveaux".

Cependant cette réussite commerciale qu’est In Rainbows semble tâcher leur image de rockstar au grand coeur. Et certains n’y voient qu’une façon malicieuse de lutter contre la chute des ventes de disques.

Libération nous disait encore lundi qu’ "en fait le groupe, qui a ensuite suivi la filière «normale», a réalisé une formidable opération marketing, une couverture presse massive et des dividendes substantiels (version deluxe, concours de remixes payant…)".

L’article continue à reprendre à rebrousse poil le "phénomène radiohead" en précisant notamment le cachet excessif des concerts : "le quintet d’Oxford pactise avec le diable Live Nation, structure américaine perçue comme les Monsanto du rock. Et en faisant le minimum de festivals cet été, cela permet là encore de faire grimper les enchères".

D’autres fustigent plus directement le groupe, et s’arment de chiffres : " N’en jetez plus. Non, surtout pas ! D’autant que cette démarche servira probablement de prétexte à expliquer les cachets délirants pratiqués par le groupe cet été en festival, autour de… 500 000 €" (Le Parisien, encore une fois…).

Cela se combine avec la possibilité nouvelle de télécharger In Rainbows sur Itunes depuis une semaine. On nous jure que "la décision serait purement financière : “In Rainbows” s’est vendu à 106 000 exemplaires physiques contre 526.000 copies numériques". (source)

Le poids de la mesure

Finalement, c’est notre journaliste (réputée maintenant!) de france2 qui résume bien l’opinion globale en affirmant que "même si l’on continue à admirer leur démarche artistique et musicale, le doute est désormais permis: les dents longues finissent-elles par pousser inexorablement aux plus éthiquement corrects ?"

Cette réticence, dont le point de départ semble être l’opération "journalistes à velo" peut se comprendre plus largement par le fait qu’être journaliste de presse musicale devient de plus en plus dur. Ils doivent de plus en plus souvent se plier à des exigences de confidentialité, sont mis au chantage pour écouter les nouveautés (en échange de reviews favorables…).

Mais le tableau n’est pas entièrement noir, puisque la multitude de webzines (hitmusemag par exemple) et de sites internet en tout genre (pourquoi pas Consoglobe) qui fleurissent sur le net ont tendance à saluer joyeusement les initiatives des oxoniens.

Et si finalement tout cela n’était qu’un exemple de la cohabitation de plus en plus maladroite entre la presse écrite et internet…

Bonus

Si vous pensez que tout le monde en veut à Radiohead, détrompez-vous!

Mc Cartney nous disait encore tout le bien qu’il pensait du groupe, le trouvant "cool" : "ils sont vraiment très innovants et dans la tendance du moment".

Mais l’anecdote la plus risible est celle que nous confie Chris Martin, leader du groupe Coldplay, et sous les projecteurs avec son quatrième album Viva la Vida. le site U2 France (on devinera rapidement de quoi il s’agit) nous rapporte une confession people du chanteur : “Je rêve toujours d’autres musiciens. Et avec U2 ou Radiohead c’est toujours : ‘Hey, comment ça va ?’ Et ils ne veulent jamais trainer avec nous. J’ai le sentiment permanent d’être à l’école et que les grands ne veulent pas jouer avec moi.”

On est avec toi Chris…

 

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