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Interview : Après la tempête, les arcs-en-ciel

 Le titre est joli, c’est celui donné à une petite interview de Colin, le bassiste du groupe, où l’on apprend que la collaboration du groupe avec le producteur Mike (Spike) Stent ne s’est pas vraiment bien passée, que Thom, contrairement aux autres albums, pour lesquels il savait à peu près ce qu’il voulait et ne voulait pas, était cette fois incertain, stressé, et qu’une des chansons préférées du bassiste est Weird Fishes / Arpeggi parce qu’elle lui fait penser à Let Down.

Voici la version traduite directement depuis le site canadien (lien en pied de page)

 

Colin Greenwood parle du beau temps, mais pas comme les gens ont l’habitude de le faire, encore moins comme les anglais le font. Le bassiste de Radiohead ne pense pas vraiment aux petits inconvénients de l’hiver, mais plutôt que le temps nous parle de la vie que l’on mène.

Parlant au téléphone, il se souvient d’être allé à un concert de Portishead à Somerset en décembre, et la pluie s’abattait sur les arbres nus, des arcs en ciel apparaissant là où le soleil se montrait.

« Vous aviez réellement besoin des arcs en ciel », dit il, « pour faire face à l’austérité du reste de la situation ».

« Ils ont chacun besoin de l’autre pour exister, ces moments de transition entre beauté et morosité ».

Voila ce qui se passe dans la vie, mais cela se passe aussi dans le dernier album de Radiohead, un album superbe, optimiste par intermittence, mais généralement avec des chansons désespérées, et qui s’appelle In Rainbows.

Ce disque a été l’un des plus débattus ces derniers mois, en partie grâce à la manière dont il est sorti. Radiohead sorti le disque en ligne directement avec la stratégie « paye-ce-que-tu-veux », puis de manière plus conventionnelle en cd le mois dernier. Même après deux mois de téléchargement, le cd fut numéro 1 dans les charts canadiens pendant trois semaines, et s’est vendu à plus de 50 000 exemplaires dans ce pays. Les 100 000 discbox ont été vendus. Aucun résultat n’a été publié à propos des recettes en ligne, mais certaines estimations évaluent les revenus au moins égaux à ceux possiblement engrangés par une sortie plus conventionnelle avec leur ancien label (Parlophone/EMI).

In Rainbows mis du temps à sortir, et semblait être très loin quand le groupe se rassembla en 2005 après une interlude familiale. Ils travaillèrent brièvement avec le producteur Mike Spike Stent, dont la plus grande contribution, selon Greenwood, fut de tenir un miroir devant un groupe qui avait besoin d’air frais pour travailler. En 2006, ils allèrent en tournée, essayant leurs nouvelles compositions et se recréèrent des liens avec Nigel Godrich, qui a déjà produit une bonne partie de leurs anciens albums.

« En travaillant avec Spike, on réalisait qu’on était toujours marié à Nigel » disait Greenwood. Mais quand Godrich revient, quelque chose vacille, et un nouveau moyen de se sentir mal à l’aise se présente au groupe qui semble souvent fleurir dans le trouble.

 « Sur les précédents albums, Thom avait une idée très forte sur comment il ne voulait pas que la musique soit et sur les sonorités qui l’intéressaient”, dis Greenwood à propos du membre du groupe le plus sollicité. « Sur ce coup là, il était plus incertain sur la manière dont cela devait être, avec tout le stress et l’incertitude que ça implique ».

Vous entendez rarement, voir jamais, de jolies choses bien polies se heurter aux paroles angoissées de Yorke. Avec Weird Fishes/Arpeggi, dans ce cas précis, les arpèges de guitares se déroulent sereinement pendant que Yorke chante sur le fait d’être tenu captif (par l’amour ou quelconque autre pouvoir), tomber au fond de la mer et être dévoré là par des vers et des poissons.

« C’est une de mes chansons préférées que nous ayons jamais faite », dit Greenwood, « parce que la séquence de cordes est tellement mélodique et pleine d’émotions, épique, volubile. Cela me rappelait Isaac Hayes, et une autre de nos chansons appelée Let Down, sur OK Computer… j’aime la façon dont les mots se débattent, l’immolation au milieu et la fin qui cesse les flammes. C’est comme une balance émotionnelle, avec des poids disposés. Ceux que vous avez dans votre vie. Devez vous y porter de l’intérêt ? Vous dites vous la vérité ou mentez vous à vous-même ?»

Les autres chansons approchent les mêmes croisements entre différentes directions, chacune avec une mesure différente entre consolation et désolation. Peut être est il adéquat de dire qu’In Rainbows est vu comme un album au croisement de l’industrie du disque.

 

EMI pris sa revanche, et sa dernière opportunité, avec une box regroupant 7 des précédents albums. Radiohead n’était pas content.

« Ils décidèrent de capitaliser sur la sortie d’In rainbows. Je pense que tout le monde a compris que ce n’était pas dans le but que Radiohead vende, mais qu’EMI se fasse du pognon ».

 

 

 

Article à lire sur le site du journal canadien Globeandmail.

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