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critique de Com Lag dans les inrocks

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est très élogieux, aussi bien pour la critique musicale des chansons, que pour les commentaires sur l’attitude du groupe. Ca n’en méritait peut-être pas tant, mais pour une fois, on ne va pas bouder l’article…


“Mathématiques appliquéesUne cohérente collection de faces B explore la face expérimentale du groupe pop le plus expérimental. Originellement uniquement distribuée au Japon, cette compilation de faces B sort finalement en Europe, soldant ainsi tout compte de Radiohead avec sa maison de disques historique, à laquelle il ne doit désormais, contractuellement, plus rien. Fin de contrat, fin de contraintes : libéré des calendriers pesants d’une industrie lourde, Radiohead pourrait désormais enregistrer à¡ son rythme biologique – bouillonnant – et sortir, au hasard des rencontres et désirs, les disques irrationnels et les collaborations tous azimuts parfois freinés par la logique industrielle. En ce sens, la récente nomination, prestigieuse, du guitariste Jonny Greenwood au poste de “compositeur officiel” de la BBC en dit long sur les besoins d’au-delà¡ d’un groupe pourtant sacrèment démocratique et affranchi de toute routine, libéré de tout pré carré. Généralement, les faces B offrent aux groupes à succès les plus cyniques l’occasion de se payer une crédibilité sur le dos de remixeurs triés sur le volet. Ou un moyen un peu pleutre d’expérimenter sans risquer le commerce de l’album officiel. Mais chez Radiohead, si on est fort sur le mental, on n’est pas trop porté sur le calcul. Comme l’affirme le titre : 2 + 2 = 5. Les recherches soniques et digressions mélodiques, le groupe les avaient dèjà¡ largement explorées sur Kid A, Amnesiac et Hail To the Thief. Pas de révolution, donc, sur cette dizaine de remixes (Four Tet ou Cristian Vogel de Super_Collider), de lives et, surtout, d’inédits enregistrés à¡ l’époque de ces trois albums fondamentaux de Radiohead. Collectés en un joli objet, ces chansons révèlent surtout la cohérence d’une attitude et la limpidité d’une écriture que seules des oreilles pantouflardes continuent de décrire comme opaque, absconse. Car malgrè les origines éparpillées de ces chansons, leurs productions radicalement éloignées (des breakbeats épileptiques de Remyxomatosis à¡ l’acoustique apaisée de I Will, de l’electronica onirique de I Am Citizen Insane à¡ la pop céleste du merveilleux Skttrbrain, du psychédélisme ankylosé de I Am a Wicked Child aux blips angoissants de Where Bluebirds Fly), Com Lag 2 + 2 = 5 ne se consulte pas comme des archives, comme le simple document – en soi passionnant – d’un groupe en recherche, à¡ ttons, mais bel et bien comme un v»ritable album, à¡ la construction patiente et harmonieuse. Combien de groupes sacrifieraient toutes leurs faces A, leur à‡me et même leurs mères pour de telles faces B, de tels espaces de liberté ? JD Beauvallet”

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