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Synthesia

Bon d’accord, ce n’est pas de toute fraîcheur, ce n’est pas vraiment fondamental dans la compréhension du futur proche du groupe, mais en relisant mes notes, j’ai retrouvé la traduction d’une anecdote assez surréaliste d’un fan américain fou de synthés qui se retrouve à discuter technique et jammer avec Thom Yorke dans un magasin de musique texan.

Extraits

Au lendemain du concert d’Austin city Limits au Texas l’an passé, Jean-Michel (nous l’appelerons ainsi pour préserver son anonymat), encore les oreilles toutes émoustillées par le concert de la veille, se rend avec sa copine dans un magasin incontournable pour tout drogué du synthé (qu’il est) et qui se respecte (Switched On).

Tel un enfant dans un magasin de jouets, il s’affaire sur leur mur de démo:

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Tout en étant en train de patcher un module (pour les non initiés, brancher des cables, tourner des boutons et chercher le son ultime qui va faire vibrer autant ta quête musiscale que le solde de ton compte en banque), et c’est en tournant la tête qu’il aperçoit Jonny Greenwood en train de jouer sur un synthétiseur vintage (ARP Odissey).
Il se lève de son tabouret pour montrer la scène à sa fiancée, qui semble plus préoccupée par le brouhaha grandissant des nappes de synthé, que du moment surréaliste qu’ils sont en train de vivre.

Clive Deamer n’est pas loin non plus, il scrute avec attention un vieux synthé KORG.
Lorsqu’il reprend place, il remarque qu’un gars vient de s’assoir juste à côté de lui. La stupéfaction est à son comble, lorsqu’il réalise qu’à moins de 15 centimètres de lui, c’est Thom Yorke en chair et en os qui vient de s’installer à côté de lui pour batailler avec deux modules.
Les tremblements l’envahissent, surtout qu’il réalise qu’il porte un tshirt blanc Radiohead acheté la veille. Pétrifié, il ne manque rien de ce moment où Thom discute avec le vendeur, joue sur quelques banques de sons; il savoure tout de même l’instant avec la volonté affirmée de ne pas jouer la carte de la “fan attitude”

I was determined not to make this a fan moment, because I knew the most valuable thing I could give him was a normal moment in a synth shop.

Comme si de rien n’était, il continue à jouer en pensant que ce qu’il est en train de vivre est complètement “fou”, et la grâce le froudroie lorsqu’une question fuse par delà son épaule:

-c’est quoi ce truc?

C’était ni plus ni moins Thom qui semblait très attentif au travail de Jean-Michel depuis quelques minutes. La discussion s’engage et l’échange se créée: ils dissertent sur les avantages et les inconvéninents des macro-oscillateurs Braids, les fameux générateurs de sons digitaux monophoniques à controle de voltages (qui ne sonnent pas du tout comme les auto-oscilateurs inversés).
L’heure passe, l’ésotérisme des synthétiseurs commence à chauffer les cerveaux et fatiguer les yeux de Thom, qui lui confesse qu’après tout “qu’il n’est qu’un chanteur et qu’il ne se contente que de peu de choses permises par ces modules” et que les fabricants devraient songer à écrire plus grand sur ces joujous qui semblent de plus en plus réservés aux porteurs de très bonnes lunettes de vue

[…]this one here is the sampler for people with really good glasses.

Ils vont même jusqu’à jouer ensemble. Jean-michel ne touche plus le sol: rêve? réalité? les deux à la fois? Le délire s’empare de son esprit:

He was at least remotely interested in the music I was making.
It was really beautiful [..] seeing my absolute hero geeking out over the same convoluted hobby that I do.
We didn’t discuss who they were, we didn’t discuss the show, and we didn’t discuss how I was about to pass out from joy.

A y repenser, il était interressé par la musique que je faisais
C’était magnifique [..] voir son héros absolu partager la même “geekerie”…
Nous n’avons pas parlé d’eux, du concert de la veille et de comment j’ai faillit être terrassé par la joie…

 

Thom Yorke n’a pas fait qu’un seul heureux ce jour là, le vendeur était aussi à la fête, car il a pu liquider un peu de matériel, notamment les modules qui ont servi à cette jam session improvisée:

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Jean-Michel en train de poser pour la postérité à côté du mur de modules dans le magasin:

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Les synthés c’est comme la Vie finalement: c’est un assemblage cohérent et complexe de moments et de choses simples entre elles

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6 Comments

  1. 20 mars 2017 at 20 h 21 min —

    Ah oui je me souviens avoir lu ça !! C’est assez irréel comme situation … J’ai pas compris le quart du dixième de ce qui est dit sur les oscillateurs and co, mais je trouve extraordinaire qu’ils soient si ordinaires… (pas les oscillateurs hein)

    • 20 mars 2017 at 21 h 29 min —

      Bah oui, une journée normale dans un magasin de synthétiseurs en somme

      Déçu quand même qu’il n’ait pas enregistré un petit bootleg

      Et préparez la boite d’aspirines, je vous prépare une synthèse sur un autre sujet (moins daté) qui concerne la modélisation de l’expression de la tristesse chez Radiohead

  2. 22 mars 2017 at 7 h 50 min —

    Je crois même que le type est resté un moment les bras croisés pour ne pas trop dévoiler son T-shirt…

  3. 22 mars 2017 at 18 h 36 min —

    Les messages qu’on poste attendent la modération ou sont abrégés maintenant ?? Etrange….

  4. 22 mars 2017 at 19 h 40 min —

    En tout cas merci Laurent de poster, ça fait du bien !

  5. 23 mars 2017 at 23 h 14 min —

    Super! J’avais adoré cette histoire!

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