Titre alternatif : Honeymoon is Over
On a découvert la chanson en live assez tardivement par rapport aux autres chansons de l’album, puisque c’était à Dublin, le 17 mai 2002, avant de la retrouver sur Hail To The Thief, le 26 mai 2003 !
La surprise a donc été bien gardée jusqu’à la fin ! Pourtant, Jonny a expliqué que c’est une chanson sur laquelle le groupe travaillait depuis l’époque KID A ! Le 19 novembre 2003, lors du concert à Arnhem, Thom a expliqué qu’il dédiait la chanson à son fils Noa.

Commentaires :
Un ’Backdrifter’ est une personne à contre courant de ce qui se fait ’normalement’, quelqu’un qui décide de s’éloigner de la norme, de ne pas la suivre bêtement. Pour ce qui est de ses inspirations, Thom l’explique dans le NME (cf. plus bas), tout est parti d’une tempête de neige, alors qu’ils étaient au Japon. La neige s’accumulait partout, s’entassait sur les branches des arbres , quand un train japonais est passé à proximité. Sous l’effet de la vitesse, la neige est tombée pas paquet des branches. Tout à perte de vue était recouvert d’un manteau blanc, à l’exception de quelque endroits noirs par ci par là qui ressortaient...
Le texte s’est basé sur cette vision. Ce qu’on peut peut-être y voir, c’est la dénonciation d’une homogénéité de pensée, de vision, dans la société... dans laquelle parfois se meuvent quelques éléments décalés.
Dans le contexte actuel de revendications, et en particulier contre Bush (puisque le groupe s’est engagé publiquement contre sa politique), le mot prend un sens plus vivace. Une sorte de pessimisme se dégage des paroles. We’re damaged goods, et aussi we’ve got nothing more to lose, du moins dans un sens premier. On a l’impression qu’il est dit que ce monde est perdu, qu’il n’y a plus rien à faire pour le sauver, que ce potentiel génial est irrémédiablement gâché. Par quoi ? Par qui ? C’est sûrement à nous d’y réfléchir.
Mais on peut aussi y voir un message très fort de résistance. devant tout ce pessimisme, il faut peut-être devenir un ’backdrifter’, quelqu’un qui en a ras le bol de suivre une norme qui conduit au chaos, et qui choisit volontaire d’aller à contre-courant, tout en sachant combien cela sera difficile et dangereux. ’One gust and we will probably crumble’ Il y aura plein de dangers à encourir, mais ça vaut le coup de se débattre, car nous n’avons plus rien à perdre, après tout. On ne peut qu’y gagner. Le we’ve got nothing more to lose est donc à prendre dans les deux sens !
Commentaires du groupe dans le NME du 10 mai 2003 :
BACKDRIFTS (HONEYMOON IS OVER) - A great melody with a sparse electronic accompaniment, as if a song from ‘The Bends’ or ‘OK Computer’ has been remixed by Autechre. Lyrics suggest it’s about covering your tracks.
Jonny : “That’s pretty old. That was started, I guess, about three years ago. Then there was an acceleration in terms of writing and arranging, where it came together quite quickly from being a bit aimless to quite exciting.”
Thom : “As to where the words go, that one is pretty difficult to explain. The original thing, which was unrecognisable, was written on one of those Q170 (sequencer) things, that you can program on. Bjork uses them. We were stuck in a snowdrift in Japan. It was the most beautiful thing you’ve ever seen. The snow was piled high on the branches, and then a bullet train would go past, and the snow would drop off the branch. The whole world was utterly blanketed except for these straggly bits of black and white. And that’s where it started. The words have always been based in that image.”














